MCC
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Montréal Complètement Cirque 2019 | Dernier week-end pour cette 10e édition du festival

D’ici à dimanche, on peut encore profiter du haut degré de qualité de performances circassiennes offertes dans le cadre de Montréal Complètement Cirque. Que ce soit avec ses très courus spectacles en salle donnés par les meilleures compagnies de cirque contemporain venues de partout, ou ceux en extérieur sur la rue Saint-Denis, piétonne pour l’occasion, et joyeusement animée le temps de ce festival international devenu un véritable happening de sensations fortes et festives en plein cœur de l’été montréalais.

Photo par : Renald-Laurin

Ainsi, la 10e édition de MCC a commencé en lion avec le féérique Bosch Dreams (voir notre critique ici) par la compagnie québécoise Les 7 Doigts, jouissant d’une solide réputation mondiale. Des supplémentaires ont dû être ajoutées à la Salle Pierre-Mercure du Quartier latin pour satisfaire à la demande.

Toute la programmation de cette année aura été marquée par des spectacles forts de troupes de cirque arrivant du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France et de Colombie, en plus du Québec dont le savoir-faire atteint maintenant le même niveau d’excellence.

Des spectacles époustouflants

Seul spectacle s’étirant jusqu’au 20 juillet, il ne faut surtout pas manquer au Théâtre Saint-Denis 2 le réjouissant FINALE de la compagnie allemande Analog. Ce qui était à l’origine un spectacle de rue est devenu un concentré de numéros payants qui laissent déferler son trop-plein d’énergie sur la foule complètement électrisée par les casse-cous de Berlin fusionnant cirque et musique underground au son des guitares électriques et même d’une batterie, le tout synchronisé avec les figures aussi inattendues qu’ambitieuses des acrobates ou jongleurs en pleine action. Le rare recours à un double mât chinois sur cette scène transformée en piste de cirque électrisante en fait aussi un spectacle unique.

Finale, photo par Jakub Jelen

Même chose pour Somos par la troupe franco-colombienne El Nucleo à la TOHU, avec ses incroyables numéros d’acrobatie à six performeurs hommes. Des amis de toujours, ayant grandi dans les rues de Bogota, qui présentent entre autres un numéro où un acrobate marche littéralement sur la tête de deux autres en alternance, quand ce n’est pas en formant trois étages en hauteur. Des heures de pratique, d’échecs et de découragements qui sont ici couronnées d’un succès époustouflant.
À la lisière du cirque et du multidisciplinaire, on aura pu voir aussi L’autre cirque, une première collaboration avec MCC pour le petit théâtre d’avant-garde La Chapelle Scènes Contemporaines. Le numéro d’ouverture avec l’utilisation rare du beigne révélait tout le talent et la forte présence du Français Basile Philippe, longs cheveux roux en broussailles, un finissant de l’École nationale de cirque des plus prometteurs.

Basile-Philippe, photo par Brin Schoellkopf

Deux autres finissantes de haut vol, Clara Prezzavento et Luisina Rosas, ont offert un duo de roue très personnel chaudement applaudi. Tandis que suivait l’artiste inclassable Tristan Robquin, plus près de la performance en solo que du cirque, et dont la nudité a eu de quoi surprendre dans le cadre de MCC, exactement comme l’artiste le voulait.

 

Un late-show en forme de cabaret

Beaucoup d’attente aussi de la jeune compagnie québécoise Le Monastère, fondée par Guillaume Blais et Rosalie Beauchamp, qui envahit une église de style néogothique, St Jax au centre-ville, avec un spectacle du Off naissant de MCC. Un late-show à 22 heures privilégiant la forme du cabaret avec deux maîtres de cérémonie, semblablement au circuit des cabarets allemands qu’empruntent souvent nos finissants de l’École nationale de cirque, pour ensuite être recrutés à l’international.

Le Monastère réunit déjà des artistes en provenance de Monaco, Québec, San Francisco, Montréal, Toronto, de Suisse, et même du Brésil avec Danila Bim, une acrobate du Cirque du Soleil qui, c’est le cas de le dire, monte littéralement au ciel suspendue par les cheveux. L’église anglicane où Le Monastère a élu domicile, permet avec son plafond à 38 pieds de hauteur d’offrir un renouveau de la plupart des arts circassiens à 350 spectateurs invités à se déhancher après le spectacle aux sons de la musique d’un DJ.

On déplore l’absence de programmes à l’entrée des salles qui présenteraient le profil des artistes, et la rue Saint-Denis manque d’achalandage dans la côte entre les rues Sherbrooke et Ontario. Mais, Montréal Complètement Cirque, que dirige Nadine Marchand en symbiose avisée avec le directeur de la TOHU, Stéphane Lavoie, deux fous merveilleux qui y ont cru, est maintenant pour le plus grand plaisir de tous solidement implanté dans le feu roulant des festivals d’été montréalais.

 

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