Laurence Nerbonne
Critique Publié le
  • Cindy Savard Rédaction Collaboration spéciale (Sous-Sol 819)

1er anniversaire du Minotaure de Gatineau | Des hymnes cybernétiques de Laurence Nerbonne

Le 31 janvier 2015, trois jeunes promoteurs de Gatineau proposaient une nouvelle organisation nommée L’Ambassade culturelle dont la mission reposait sur le rayonnement de la culture en Outaouais. Un an plus tard, constatant l’ampleur et le potentiel culturel de la scène, le Minotaure ouvrait ses portes pour offrir une nouvelle salle de spectacle pouvant accueillir des artistes bien établis en provenance de Montréal ou de Toronto, et surtout offrir un tremplin intéressant aux groupes locaux émergents pour déployer leur talent au grand jour. On célébrait samedi dernier le premier anniversaire du Minotaure, avec un concert de Laurence Nerbonne.

* Article co-écrit par Myriam Bourdeau-Potvin et Cindy Savard.

Dans la dernière année, près de 200 bands ont performé au Minotaure et à l’autre bar mythique du Vieux-Hull, le Petit Chicago. Nombreux sont les artistes à y avoir fait salle comble. Bernard Adamus, Dead Obies, Valaire, Cardboard Crowns, Philippe Brach, The Besnard Lakes, Milk & Bone : leurs spectacles ont tous affiché complet ! Promoteur par excellence, Philippe Roy est en charge de la programmation du Minotaure, il s’investit avec énergie et a foi en la mission.

« En plus des 60-70 fidèles spectateurs qui achètent des billets chaque semaine, on a remarqué, en consultant les statistiques des ventes de la dernière année, que 92% des billets ont été vendus à des nouveaux acheteurs. »

Si on a déjà qualifié Gatineau de ville dortoir, il semblerait que la réponse à l’offre culturelle démontre qu’il existe bel et bien un besoin dans la région pour faire sortir les gens du confort de leur foyer.

1 an sous le signe de la fête

Le Minotaure fêtait donc samedi ses 1 an d‘ouverture et l’événement s’annonçait déjà palpitant sur papier. Laurence Nerbonne a relevé le défi, elle est montée sur scène avec suffisamment d’énergie pour alimenter une mégalopole.

Photo par Myriam Bourdeau-Potvin.

Photo par Myriam Bourdeau-Potvin.

Sans trop se prendre la tête, Laurence Nerbonne a donc offert une performance qui a semblé ne lui coûter aucun effort. La jeune femme de Val-des-Monts possède une maitrise tout aussi bien contrôlée de sa voix que du synthétiseur et elle dévoile même ses talents nouvellement acquis de rappeuse. Enregistrer avec Lary Kidd de Loud Lary Ajust est une chose, se fier à l’artiste pour réciter sa partie en spectacle en est une autre. Nerbonne en est consciente :

« Les rappeurs n’ont pas d’horaire, à chaque fois que je l’invite en spectacle il ne peut pas venir. J’ai donc été obligé d’apprendre à rapper. »

Ce premier essai devant public fut donc couronné de succès et acclamé par la foule ; l’ancienne chanteuse d’Hôtel Morphée a réussi à tirer le meilleur de la situation et en a profité pour ajouter une corde à son arc.

Une fois la foule bien réchauffée par les mélodies électro-pop rappelant parfois une version modernisée d’Ariane Moffatt ou Emily Haines, Nerbonne et ses musiciens ont repris leur souffle l’instant d’une absinthe. Il n’y avait définitivement pas que les spectateurs qui étaient partants pour fêter le Minotaure!

Revigorés, ils sont repartis ensuite de plus belle pour un autre set énergique. Le mélange habillant instruments électroniques et percussions classiques génère un son unique, ce qui préserve la qualité humaine tout en offrant des hymnes cybernétiques typiques à sa génération.

L’artiste compose toutes ses chansons en français, sa langue maternelle. Chanter la langue de Molière sur des mélodies qui seraient normalement associées à Shakespeare est un honorable défit qu’elle relève avec brio. La chanteuse parle de soirée bien arrosée, de nuit d’été et de son amour pour la métropole montréalaise sans tomber dans le cliché. Son premier album, XO, est en nomination pour l’album francophone de l’année aux prix JUNO, qui se dérouleront dans la Capitale entre le 27 mars et le 2 avril.

Au moment de parler avec Phil Roy pour la rédaction de cet article, il venait de recevoir la confirmation que le JUNOFest 2017 intégrera à son horaire des spectacles au Minotaure. Voilà une excellente façon d’attirer un nouveau public dans nos filets gatinois !

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