Les Fucking Raymonds
Entrevue Publié le

’77 Montréal 2018 | Les Ramones en queb’ avec Les Fucking Raymonds

Voir les Ramones en spectacle en 2018, est-ce possible ? Avec les membres originaux, certainement pas. Mais, le vendredi 27 juillet prochain à 77 Montréal, les festivaliers auront l’occasion de crier collectivement des « Hey ho, let’s go! » grâce aux Fucking Raymonds et leurs sympathiques réadaptations à saveur queb’ des classiques punks new-yorkais. Rendez-vous avec les Raymonds dans leur local de répétitions sur la rue Notre-Dame Est, à l’ancienne usine à caoutchouc, la Canadian Rubber, mieux connue aujourd’hui sous le nom de Cité 2000.

Dans leur local, les instruments s’empilent. Une imposante batterie, celle de la formation deathcore Mass Murder Messiah. Des graffitis, dont un en forme de cœur avec l’inscription « papa » à l’intérieur. Un petit ventilateur sans grille de protection oscillant, remuant de peine et de misère l’air humide. Pourtant, une brise se sent dès que le groupe entonne Canada, leur adaptation en français de Commando.

 

Rafraichissant, le punk ? Elle emplit de joie ceux qui la jouent, en tout cas. Pour l’initiateur du projet, Raffy Fucking Raymond, l’idée est partie de blagues qu’il faisait avec son colocataire et ex-Raymond, Réjean, dans les années 2000 : « On aimait faire des jokes comme “Si Led Zeppelin était québécois, il s’appellerait probablement Robert Plante, Jean Pagé”. Les Ramones s’appelleraient les Raymonds. Fallait y penser, mais fallait aussi le faire. À l’époque, j’ai joint un groupe qui se nommaient Les Raymonds ».

La formation, encore existante, ne reprenait les chansons que dans la langue d’origine. « J’ai proposé qu’on le fasse en français, explique le bassiste. Les autres membres n’étaient pas willing. Moi et Réjean, on a décidé de le faire à la bonne franquette. On a fini la production chez lui. »

Les Raymonds étant déjà pris, les deux cherchaient un nom aussi évocateur.

« Blitzkrieg PQ, Blitzkrieg QC. On a pensé aux Ramonets, comme Les Baronets. Mais, ça faisait trop yéyé », dit Raffy devant ses collègues musiciens retenant à peine leur rire de désapprobation. « Puis j’ai dit à Réjean : “C’est Les Fucking Raymonds.” Pis, on a mis ça sur Bandcamp. »

 

Engouement surprise pour les vétérans de la scène

Après la mise en ligne de l’album en janvier, les médias s’en sont emballés, Evenko les a joints. C’est un engouement que le musicien de 47 ans n’aurait pu prévoir. « Moi je suis aux anges. J’ai été dans Révélation zéro. On ouvrait pour Grimskunk, Groovy Aardvark, B.A.R.F à l’époque. J’ai eu un projet solo, des bands hardcore. Mais rien qui a autant de répercussions que ce projet-ci. »

Réjean étant retourné vivre à Québec, le leader des Fucking Raymonds s’est entouré des membres du groupe trash Reanimator et des hard rockeurs de T-Bone. Eux-mêmes avaient fait partie d’un hommage aux Ramones auparavant. Métalleux et admirateurs de Joey, Johnny, Dee Dee et Tommy ? C’est la moindre des choses pour être un Fucking Raymonds. « J’ai eu un batteur qui était intéressé de jouer avec moi, mais qui ne connaissait pas les Ramones. Il faut que tu les connaisses, que tu les aimes, que ça vienne du cœur. C’est un spirit. Joey Ramone, R.I.P. »

Si le respect et la connaissance du groupe culte priment, sur scène, Les Fucking Raymonds ne font pas dans la personnification. La traduction, par la troncation des mots, par les sacres et par les clins d’œil au Saguenay, la poutine ou encore à la plage Jean-Doré, donne aux paroles un goût très made in Québec. Même les thèmes abordés sont parfois changés. La guerre du Vietnam est devenue les nouveaux arrivants dans Canada. Au lieu des nazis, il est mention de la meute dans Aujourd’hui ton cœur, demain le monde. Malgré ses pointes satiriques, les textes revêtent aussi un humour plus léger. «J’ai eu un des commentaires sur Facebook comme quoi ils étaient crampés après l’écoute, raconte Raffy. Il faut que ce soit le fun parce que les Ramones avaient une touche d’humour à la base. »

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