Julien Cottereau
Critique Publié le

À nous la scène avec Julien Cottereau | Étonnant mime bruiteur

Parmi les 11 spectacles en salle du volet À nous la scène de la programmation officielle du 375e, se démarque l’étrange performance « Imagine-toi » du mime, bruiteur et acteur français Julien Cottereau, au Gesù jusqu’au 22 juillet. Du bonbon pour nos cœurs d’enfants.

Le spectacle commence par le supplice de la goutte que l’on entend tomber, suivi des rugissements d’un fauve en coulisses. Beaucoup de belles surprises nous attendent par la suite de la part de cet artiste singulier qui arrive à se faire comprendre en mélangeant la discipline du mime en toute liberté et des bruits de bouche démontrant une versalité renversante.

Certains se souviendront de Julien Cottereau pour son numéro de clown mime en solo du spectacle Cirque du Soleil – Saltimbanco en 1994, qu’il a trimballé dans une tournée mondiale s’étant poursuivie jusqu’en 2005. Dès l’année suivante, Julien Cottereau qui est allé se perfectionner à Londres, est arrivé avec son solo Imagine-toi qui lui a mérité le Molière de la révélation masculine.

C’est donc dire que le spectacle qu’il offre au public montréalais est tout ce qu’il y a de plus rodé. Avec son petit chapeau de lutin et ses habits de clown, son visage élastique et les innombrables bruits de bouche qu’il fait entendre selon la situation, Julien Cottereau met le public dans sa poche dès le départ en les impliquant pendant une bonne heure et demie dans son jeu jamais cabotin sans qu’aucun mot ne soit prononcé.

Crédit photo : Charles Mercier.

Crédit photo : Charles Mercier.

En un rien de temps, il est partout, juste assez effronté pour s’emparer du sac à main d’une spectatrice et montrer à tous son contenu, dénichant ailleurs dans la salle des complices qu’il fait monter sur scène pour jouer avec lui. Ce qui donne des moments de pur ravissement, comme cette dame âgée qui vole le show en prenant les poses lascives qu’il lui propose et en dansant de joie.

Le personnage est complètement atypique, et son art, universel. On peut faire des rapprochements avec Buster Keaton, ou le légendaire Charlot, ou même avec le grand Marcel Marceau entre tous, mais aucun n’a maîtrisé comme Julien Cottereau l’art de l’onomatopée en pratiquant le mime.

Un tour de force qui rend de bonne humeur, amusés autant que fascinés devant son énorme pouvoir d’évocation et les rires qu’il provoque. Qu’il siffle, couine, grince ou grogne en mimant, Julien Cottereau rend heureux en nous ramenant irrésistiblement à la douce folie de l’enfance retrouvée.

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