Alex Cameron
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Alex Cameron au Ritz PDB | Un crooner tiède

Artiste émergeant de la scène indie pop au style 80’s, l’Australien Alex Cameron était de passage à Montréal. Initialement prévu pour la Brasserie Beaubien, c’est finalement au Ritz P.D.B. où le crooner a pu présenter son dernier album Forced Witness. Une découverte intéressante mais qui ne restera pas dans les annales de la salle du Mile-Ex…

Alex Cameron est un personnage si spécial. Le trentenaire en a bavé longtemps avant de voir le succès arriver. Tentant de percer entre 2008 et 2014 avec son groupe électro Seekae notamment sur la scène australienne – son pays d’origine – rien ne fonctionne vraiment comme voulu.

Puis, le hasard s’en mêle. Et il fait parfois bien les choses. Car après un miteux concert à la Maroquinerie de Paris devant 30 spectateurs intrigués et « dont la moitié (…) se retient de pouffer face au ridicule de la situation » selon nos confrères de Gonzaï, Alex Cameron signe du jour au lendemain sur Secretly Canadian. Une belle revanche pour cet homme confiant dont le second album Forced Witness apparu cette année a fait sensation en s’appuyant sur les collaborations bienvenues de son saxophoniste de toujours Roy Molloy, de Jonathan Rado (Foxygen), de Brandon Flowers (The Killers) et Angel Olson.

Du haut de son double mètre, Alex Cameron ne passe donc pas inaperçu sur scène. Surtout dans ce Ritz confiné qui ne lui laisse guère de place pour se mouvoir. Pourtant, son flegme est charmant. Il sourit peu mais ce n’est pas contre son public, c’est juste lui. Il a peut-être le l’attitude d’un loser oublié dans les années collégiales, mais il n’en reste que ce n’est pas sa vraie personnalité. Sur scène, cet anti-héro reste quelqu’un d’attachant qui assume pleinement ce style retro des années 1980. Crooner dans l’âme, Alex Cameron assure sur scène avec son dédain typique d’un animateur de soirées pour vieux en région.

 

Un concert peu enthousiasmant

L’entame se fait au son de la monotone Mongrel. Alex Cameron commence à bouger, à illustrer cette musique si simpliste par des mouvements des épaules kitsch à souhait. On s’attend à découvrir une instrumentalisation complète, mais ce n’est finalement qu’une boîte à rythmes qui assure les arrières. Dommage. Et même si les passages au saxophone font vivement réagir la nombreuse foule du Ritz (qui affichait complait ce soir-là), il manque de la substance dans ces arrangements en spectacle.

Dès les premières chansons, on s’aperçoit vite qu’un vide s’installe. Alex Cameron continue pourtant à chanter de manière parfaite, pour le plaisir de certains et certaines… tout en s’affirmant à la guitare comme sur Candy May. L’ambiance est relax, mais pas très endiablée. Rien n’empêche toutefois les têtes à se balancer au rythme des mouvements du crooner comme sur The Chihuaha, mais l’absence de véritables percussions démystifie les chansons, comme sur celle-ci ou encore Marlon Brando. Après un départ un peu brutal de scène, Alex Cameron termine tout de même cette petite heure de concert par deux rappels, l’un par la mystique She’s Mine puis par la belle True Lies.

 

Un Ritz toutefois conquis

Évidemment, la synth-pop des 80’s est un style à assumer. Mais qui s’assume de nouveau. Alex Cameron est là pour en témoigner, tout comme le font Ariel Pink ou encore John Maus. Les compositions sont réussies, gardant cette fraîcheur qui fait toutefois extraire un maigre sourire au coin de la bouche de ceux qui ne sont pas encore convaincus.

Il en reste que le public du Ritz semblait apprécier à sa juste valeur un concert original, un peu fade tout de même, d’un homme difficilement à l’aise sur scène mais dont la voix porteuse et les compositions parfois entraînantes (comme l’excellente Runnin’ Outta Luck) faisait hocher de plaisir les têtes des convaincus. Et ils furent nombreux…

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