Altin Gün
Critique Publié le

Altin Gun à Montréal | Voyage dans un no man’s land

Par une pluvieuse nuit d’automne, une foule vint se réchauffer à l’intérieur des grandes parois baroques du Théâtre Rialto pour plonger dans l’univers psychédélique d’Altin Gün, de retour pour une deuxième prestance lors de sa tournée nord-américaine.

 

Avec le Soleil Sortant de sa Bouche ouvre la soirée

C’était Avec le Soleil Sortant de sa Bouche, un groupe montréalais de rock expérimental allemand, que la soirée fit son début. Offrant des rythmes à haute énergie, étirés sur plusieurs fois la longueur d’une toune pop à la radio, il n’était plus question de simplement écouter leurs morceaux, mais de s’y perdre, d’y prendre vie. Un peu comme dans le film Avatar : c’est si long qu’on a l’impression d’y vivre et on se surprend de ne pas réellement y vivre quand les trois heures d’écoute finissent.

 

Voyage dans une galaxie turque avec Altin Gün

La foule montréalaise, bien réchauffée par l’introduction d’Avec le Soleil Sortant de sa Bouche, était tout sourire pour accueillir la tête d’affiche de la soirée. Altin Gün, un groupe de folk psychédélique turque, continue d’animer les heureux spectateurs avec ses mélodies qui enlèvent tout front aux sourcils. À cela, on pourrait répliquer qu’il est normal de ne pas ressentir de la mélancolie si on ne peut même pas comprendre les paroles mélancoliques d’une chanson. Après tout, c’est en turque que chante Altin Gün et ce n’est certainement pas la langue la plus parlée à Montréal.

Cependant, on pouvait croire par moments que la foule était turcophone. En effet, il arrivait qu’elle chante en coeur avec Merve Dasdemir et Erdinc Ecevit Yildiz, qui s’échangeaient le rôle de la voix (ou à mes oreilles, de la vocalise). Il est possible aussi qu’une partie de la foule ait pris goût à la langue après être tombé en amour avec la musique d’Altin Gün, qui d’ailleurs, signifie «journée d’or» en turque. (Merci Google.)

Le sextuor a quand même pris la peine de nous enseigner un peu de turque durant leur set. C’est-à-dire, la «danse turque». Les deux mains en l’air, en claquant les doigts au rythme de la musique, Merve (qui est également pianiste et shakeuse de tambourine) nous invite à prendre part à l’univers d’Altin Gün – leur univers quelque peu spatial.

Mélangeant sons folkloriques et funk sans scrupule, le groupe amsterdamois nous emmène dans un endroit préalablement inconnu. Un espèce de «no-man’s land» entre le rock psychédélique hollandais et la musique turque traditionnelle. Via leurs vaisseaux de guitares, claviers et saz (une genre de lute à trois cordes) propulsés au reverb, les chants anatoles de Merve et d’Erdinc Ecevit guident les spectateurs vers une galaxie qui n’est peut-être pas si loin de chez nous.

Un décollage fulgurant

Quoiqu’il y avait de la place à respirer dans la salle (contrairement à, disons, un show de Justice au MTELUS), Altin Gün a trouvé une popularité impressionnante pour le peu de temps qu’ils existent sur la scène musicale. Leur premier album, On, est sorti en mars 2018. Leur deuxième, Gece, est sorti moins d’un an plus tard, soit en janvier de cette année. Déjà, ils sont en tournée nord-américaine. Ce spectacle était leur deuxième à Montréal de cette tournée (le premier ayant eu lieu en août).

La foule n’en avait pas assez, piétinant le plancher pour rappeller sur scène le sextuor, à leur sortie. De retour pour leur rappel, Merve nous avoue que ce serait la dernière fois qu’on les verrait avant leur prochaine tournée (donc qu’il fallait bien en jouer une ou deux dernières!)

En attendant leur prochaine tournée, le vinyle de Gece tournera en boucle dans mon salon.

 

Photos en vrac

Vos commentaires