Kaori Seki
Critique Publié le

Amigrecta à l’Espace danse de l’édifice Wilder | 60 minutes intenses

La chorégraphe nippone Kaori Seki vient présenter sa dernière création « Amigrecta » à l’Espace danse de l’édifice Wilder du 18 au 21 octobre. Visiblement attendue, et accompagnée de quatre interprètes, elle tient les sens en alerte d’une salle comble.

DANSU réunit trois artistes/compagnies japonaises dans un programme d’exception visant à présenter la nouvelle vague nippone à Montréal. Parmi ces trois invités, nous n’avons vu que la première, celle de Kaori Seki et de ses danseurs dans le nouveau complexe dédié à la danse.

Amigrecta: Oeuvre visuelle et olfactive

Amigrecta est inspiré de la fusion du réacteur nucléaire de Fukushima et des dégâts causés par la contamination radioactive qui en a résulté. Sensibilisée au danger auxquels tout être vivant peut être exposé dans de pareilles catastrophes environnementales, Kaori a choisi de baser son œuvre sur une réflexion entre la vie et la mort, sur le danger menaçant de faire disparaître les choses.

Privilégiant l’exploration des sens et la perception du corps dans ses œuvres, Kaori a choisi de diffuser de la myrrhe dans l’air pour stimuler le nez du public. Cette odeur rappelant celle des temples japonais, ou celle des églises, vise ainsi à induire le public dans un état nostalgique. Pas d’inquiétude à avoir cependant, le parfum est diffusé de façon subtile, certains trouvant l’odeur présente alors que d’autres ne se rendront compte de rien…

Les cinq danseuses et danseurs de talent évoluent sur une scène carrée complètement dépouillée. À chaque extrémité, deux orifices ronds, tels des trous dans le sol, permettent aux danseurs d’entrer et de sortir de scène. Fidèle au style particulier de Kaori Seki, la chorégraphie est non seulement très lente, mais aussi très silencieuse. Les danseurs se déplacent sans bruit et ce, alors qu’ils effectuent des équilibres et transferts de poids périlleux, utilisant leur tête comme un cinquième membre. À l’exception de quelques effets sonores disparates, la salle restera plongée dans un silence lourd de sens, observant avec intérêts les cinq artistes aux gestes souples, précis et contrôlés.

Après cette heure convaincante passée dans le nouvel édifice Wilder en compagnie de cinq artistes de la nouvelle vague de danse contemporaine, nous sommes ressortis avec les sens en éveil et curieux d’en connaître plus sur la scène contemporaine nippone. Kaori Seki et ses danseurs sont en représentation jusqu’au samedi 21 octobre. Le programme Dansu se tient jusqu’au 28 octobre avec deux autres chorégraphes/compagnies invités.

Kaori Seki, danseuse et chorégraphe

Après avoir achevé une formation en ballet classique, Kaori Seki s’est rapidement orientée vers la danse contemporaine. Récipiendaire de nombreux prix et bourses de prestige, Kaori est devenue une chorégraphe à la renommée internationale. Son travail est fondé sur l’exploration d’un mouvement primitif et lent. Sur une scène dénudée, accompagnées de sons épars, les œuvres de Kaori aiguisent les sens des spectateurs, les plongeant dans une ambiance mystérieuse.

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