Amon Amarth
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Amon Amarth (avec Arch Enemy) au MTELUS | Les vikings débarquent en ville!

Les planches de la salle ont vibré pendant cet assaut suédois de death mélodique, une soirée tout en puissance dominée par Arch Enemy et Amon Amarth.


 

Ouverture en force avec Grand Magus et At The Gates

Presque intrus sur cette affiche gueularde à double-pédale, le trio Grand Magus ouvrait la soirée avec un court set de 25 minutes avec leur heavy aux tendances doom. De super riffs qui font taper du pied et du bon solo mélodique comme sur Iron Will: bonne ouverture mais un groupe qui mériterait de revenir en tête d’affiche.

Suivait un nom légendaire du death mélodique avec At The Gates. Même si le groupe n’a jamais vraiment changé de recette et que les morceaux se ressemblent souvent, à part le final épique de Night Eternal et ses solos à deux guitares, la puissance est constante, tout comme le tapis de double-pédale. La voix aux penchants hardcore de Tompa n’a pas perdu de son agressivité même à l’approche de la cinquantaine, le chanteur mène bien le show. En fait At The Gates fait un peu partie de ceux qui ont enfanté le deathcore en 94 avec l’album Slaughter Of The Soul, mais sans breakdowns. Le quatuor livre la marchandise avec violence, et Blinded By Fear reste leur apogée avec ses riffs simples mais diablement accrocheurs.

Arch Enemy

« Montréal, faites du bruit tabarnak! » Un plateau suédois à l’exception de Arch Enemy où c’est la québécoise Alissa White-Gluz qui a pris le micro depuis plusieurs années. « Je suis fière de montrer aux Suédois que le métal est fort à Montréal! » La chanteuse enchante la foule en français, dans une superbe tenue de scène aux ailes de chauves-souris, oeuvre de la designer anglaise Painkiller Clothing.  Alissa délivre encore une prestation impressionnante, vocalement et scéniquement, proche d’une performance sportive de haut niveau: tout semble calculé et réglé au millimètre. Et ça envoie du lourd. Tellement lourd que les planchers vibrent, un concours de subwoofers un peu intense et pas tout le temps agréable de la part des ingénieurs du son…

Festival de shredding avec le guitar-hero Jeff Loomis qui en met plein la vue, toujours excellent à voir jouer. L’ancien Nevermore a trouvé sa place dans Arch Enemy, même s’il a parfois l’air de s’ennuyer un peu. Le fondateur Michael Amott ne reste pas en retrait et envoie aussi du lourd sur sa six cordes tachée de sang (de faux bien sûr), remarquable compositeur avec les riffs redoutables et mélodiques de titres comme Ravenous ou Nemesis.

Mais finalement heureusement qu’il y a la belle Alissa pour mener le show comme une bête de scène parce que le reste des gars a parfois l’air d’être sur une routine et de se donner moins. Une impression des derniers albums voyant aussi baisser un peu en qualité musicale, par rapport à la grande époque de Wages Of Sin et autres Doomsday Apocalypse, dont les extraits font leur effet en concert. Le public ne s’y trompe pas lorsque les classiques sont joués. Chapeau bas à Alissa pour réussir à s’approprier Nemesis, grand moment du show.

Les vikings débarquent à Montréal!

C’est l’heure des berserkers, et à voir le nombre de chandails Amon Amarth dans la salle, le groupe est définitivement attendu. Gros décor de scène avec un casque viking en guide de plateforme pour la batterie, avec des escaliers sur les bords. Amon Amarth se la joue presque classic rock du viking metal, avec les combats d’épées sur scène et l’intervention d’un démon aux yeux lumineux. Le groupe fait l’effort de donner tout un show.

La barbe grisonnante, l’immense Joahn Hegg mène toujours sa barque, ou plutôt son drakkar, avec une force tranquille et une présence remarquables. Sa voix grave résonne dans les hymnes du groupes, un peu effacée encore par le concours de basses des ingénieurs de son. Malgré un répertoire où tout se ressemble un peu, et finalement comme At The Gates avec Blinded By Fear, Amon Amarth n’a jamais battu son Pursuit Of Vikings.

Cependant, ils arrivent à varier la dynamique avec les morceaux plus rapides comme First Kill. Et c’est le classique Twilight Of The Thunder God qui achève la bataille du mosh-pit et conclut une soirée tout en puissance. Des groupes qui livrent une marchandise de haute qualité pour leurs fans, sans surprises, mais sans fausse note: des machines de guerre musicales.

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