Arcade Fire
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Arcade Fire à Kanaval Kanpé 2017 | La recette haïtienne pour faire fondre la neige

Pendant que tout le monde n’en avait que pour les masses de neige qui ont enseveli tout Montréal, la fondation Kanpé tenait son fameux Kanaval au Métropolis, mercredi soir. Quoi mieux demander pour faire fondre l’hiver que danse ra ra, tam tam, reggae, sonorités caraïbéennes, couronnement d’un roi et d’une reine, tirage de prix, bonne humeur et… une quarantaine de minutes avec Arcade Fire !


Pour sa 5e édition, Kanaval Kanpé investissait le Métropolis, sans doute afin d’accueillir plus de gens. Avec tous les moyens de transport paralysés, on se serait presque attendu à un flop, mais non. Nombreux étaient les fans réunis, le tiers d’entre eux maquillés, d’autres carrément costumés. Rien n’arrête Montréal lorsque vient le temps de faire la fête.

Se sont enchaînés sur scène le vétéran du reggae et du blues créole Tito Maréchal, puis l’excellent et envoûtant Pierre Kwenders, ainsi que Coeur de Pirate, qui était plutôt bonne joueuse et manifestement reconnaissante de l’occasion de joindre cette bande, alors que le décalage horaire faisait son effet (c’est elle qui l’a dit, nous on aurait pas remarqué) et que la foule jasait un peu fort durant sa courte prestation seule au piano. Il faut dire qu’un loooooong tirage de prix venait de briser un peu l’esprit de party que Maréchal et Kwenders venaient tout juste de créer, et qu’on prenait du retard sur l’horaire.

Bien entendu, on a couronné un roi et une reine du carnaval, en l’occurence le capitaine de l’Impact de Montréal, Patrice Bernier, et la toute première nageuse de l’équipe olympique d’Haïti, Naomy Grand’Pierre, qui est née à Montréal.

Mais le plat de résistance, c’était bien évidemment la présence (plutôt rare depuis un an et demi) d’Arcade Fire, qui semblait vraiment prendre son pied sur scène, lors de cette prestation à la bonne franquette. Une première à Montréal depuis l’été 2014, alors qu’ils avaient joué au Parc Jean-Drapeau.

Même si les rumeurs d’un nouvel album à venir ce printemps ou cet été circulent de plus en plus, il n’y avait aucune nouvelle chanson au setlist, mais personne n’allait s’en plaindre. Après un bon gros « Fuck You Donald Trump Forever », Win Butler a lancé les festivités avec Windowsill, de l’album Neon Bible, dont la phrase récurrente « I don’t want to live in my father’s house no more » (et son alternative « I don’t wanna live in America no more ») prenait une nouvelle signification…

Or, la charge politisée n’a pas pris le dessus sur la prestation, loin de là. Le plaisir était au rendez-vous, surtout que l’incontournable Haiti venait alléger l’atmosphère, avant que la troupe locale de percussionnistes Rara Soley se joignait à la bande.

Sprawl II (Mountains Beyond Mountains), Afterlife, Neighborhood #3 (Power out) et Rebellion (Lies) suivaient, coup sur coup, avant que Paul Beaubrun vienne se joindre brièvement aux festivités, ce qui a mené à un Here Comes The Night Time à point !  La grande fête était semée !

Après Wake Up en finale (parce que tout spectacle d’Arcade Fire se doit de finir avec Wake Up), il y avait encore toute une nuit de fête prévue avec notamment DJ Windows 98, de la danse, et du bon monde rien qu’en masse. Mais comme la soirée avait pris du retard et que le métro allait fermer, la place s’est un peu vidée. On peut sortir le Montréalais de l’hiver temporairement, mais l’hiver revient toujours hanter le Montréalais tôt ou tard !

N’empêche, pour mercredi soir de mars qui ressemble davantage à un lundi de février, c’était toute une soirée. Et pour une bonne cause. Les profits de la soirée sont versés à la Fondation KANPÉ et sa mission en Haïti.

Grille de chansons d’Arcade Fire

  1. Windowsill
  2. Haiti
  3. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
  4. Afterlife
  5. Neighborhoud #3 (Power out)
  6. Rebellion (Lies)
  7. Here Comes The Night Time
  8. Wake Up

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