Assoiffés
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Assoiffés (Wajdi Mouawad) au Théâtre Denise-Pelletier | Entre profondeur, humour et imaginaire 

La première d’Assoiffés, pièce de Wajdi Mouawad, était présentée ce jeudi 9 février au Théâtre Denise-Pelletier. Avec un texte portant plusieurs réflexions sur la beauté, l’adolescence et la soif de vivre, les comédiens ont su faire réfléchir et rire le public, avec une mise en scène visuellement impeccable.

Avec une prémisse comme la découverte de deux corps enlacés au fond de l’eau, on aurait pu s’attendre à une histoire d’amour tragique. Ce n’est pourtant pas le cas et la pièce arrive à nous surprendre du début à la fin. En présentant les personnages de Murdoch, Boon et Norvège, lors des premières scènes, sans lien précis à première vue, Wajdi Mouawad fait en sorte que le public s’abandonne dès le départ sans tenter de rationaliser les mystères qui sont mis en place.

Photo par Jean-Charles Labarre.

Photo par Jean-Charles Labarre.

Murdoch, 17 ans, se réveille un matin avec un insatiable besoin de parler, de s’interroger sur le sens de son existence se résumant à se lever, prendre l’autobus pour aller à l’école et recommencer tous les jours. Norvège est pour sa part enfermée dans sa chambre depuis des jours et n’en sort plus, ne pouvant affronter la laideur de l’extérieur. Puis, Boon, un anthropologue judiciaire, se retrouve devant ces deux corps retrouvés qu’il doit identifier.  L’un d’eux s’avère être Murdoch, disparu 15 ans plus tôt.

On se retrouve ainsi basculés entre le passé, le présent et l’imaginaire de Boon, qui rêvait d’être écrivain à l’époque où il a, en fait, rencontré Murdoch. La ligne entre ces univers est plus ou moins définie, notamment grâce à la présence de ce qu’on comprend être le personnage de Norvège, toujours en mouvement sur scène, mais silencieuse la plupart du temps.

Dans un décor interactif composé d’un écran au centre de la scène sur laquelle on projette des images accompagnant le récit, les trois comédiens habitent la scène de façon à ne jamais perdre l’attention de l’audience. Mention à Philipe Thibault-Denis interprétant Murdoch, devant lequel le public se retrouve complètement hypnotisé lorsqu’il ne cesse de parler, rapidement et avec beaucoup d’éloquence, aussi profond que comique.

Wajdi Mouawad, qu’on connaît notamment pour Incendies et Forêts, a ce don de laisser le public avec des questions auxquelles il est possible de répondre de mille et une façons, selon sa propre interprétation. C’est sans aucun doute le cas avec Assoiffés, une pièce de laquelle on sort touchés, sans réponse précise à des questions existentielles.

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