Ballets Jazz de Montréal
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Ballets Jazz de Montréal présente Dance Me, un hommage à Cohen… en danse

Mardi soir avait lieu la première mondiale du nouveau spectacle des Ballets Jazz de Montréal à la Place des Arts, deux ans après leur dernière venue sur cette même scène. Dance Me, inspiré par Leonard Cohen et sur sa musique, est une ode à l’Art et à l’Artiste et nous transporte pendant 80 minutes dans l’univers si original et authentique de Cohen.

C’est un public conquis que les quatorze artistes ont salué de longues minutes à la fin de leur performance, récompensée par une ovation bien méritée. Dance Me nous hypnotise dès les premières minutes et n’arrive pas à nous faire décrocher. Avec un spectacle de quatre-vingt minutes, il y avait de quoi être peut-être un peu anxieux mais la réalisation dépasse nos attentes.

Il faut d’abord souligner la qualité technique et artistique des danseurs avec notamment une Céline Cassone (la soliste) époustoufflante de présence et captivante tant dans ses duos avec différents partenaires que lors des passages en groupe. Mais c’est tous les danseurs de la compagnie que l’on doit saluer pour leur remarquable précision dans les mouvements, toujours interprétés avec soin, jamais scolaires. Ils dansent ensemble, complices avec souplesse et fluidité. On se laisse surprendre par cette création en espérant que ça ne finisse pas. Certains passages nous émerveillent par leur originalité, d’autres nous font sourire par leur côté plus ludique, d’autres encore nous touchent par leur sensualité.

La danse en elle-même est aux frontières du jazz, du contemporain, du classique et du néo-classique, ce qui amène un mélange tout aussi riche que le sont les chansons de Cohen choisies pour illustrer le spectacle. Les mouvements de danse font parler la musique et donnent encore plus de sens aux magnifiques paroles de Cohen.

Dance Me traverse cinq saisons, qui s’apparentent aux cycles de l’existence. C’est à la fois un hommage à Cohen mais aussi un hommage à la danse et à la vie. L’ombre de Cohen, portée par des danseurs à tour de rôle, ponctue le spectacle qui mêle danse, théâtre, musique et animations visuelles. Pour ces dernières, les éclairages apportent une grande touche poétique à cette création. La scène est épurée afin que le public puisse se concentrer exclusivement sur la trame poétique. Aucun décor farfelu, seulement quelques éléments curieux auxquels on n’aurait pas forcément pensé (le passage avec les machines à écrire est un pur délice). Le spectateur n’est jamais ennuyé mais jamais débordé non plus par un trop-plein d’actions scéniques. Il peut ainsi prendre le temps d’apprécier chaque petit détail du spectacle, d’écouter les paroles et d’en retenir ce qu’il souhaite.

On sent que rien n’est laissé au hasard dans la conception du spectacle qui est un sans-faute du début jusqu’à la fin. On ressort du spectacle avec une furieuse envie de danser et d’écouter du Cohen pour prolonger le voyage.

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