BANKS
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BANKS au Métropolis | La pop glauque et lascive incarnée

L’américaine BANKS était de retour à Montréal en ce lundi pluvieux, après son passage au Corona en 2014, et à Osheaga en 2015. S’offrant désormais le Métropolis, la chanteuse affichait une plus belle assurance sur les planches, contrairement à sa voix, qui se faisait toujours inégale, comme à l’époque.

Cependant, la mise en scène dansée, très théâtrale et organique de l’artiste compense beaucoup pour son manque vocal et la surutilisation des bandes pré-enregistrées. BANKS assume beaucoup plus son côté sombre et lugubre et y plonge tête première avec son plus récent album, The Altar.

Accompagnée de deux danseuses aux voiles noirs diaphanes, Jillian Rose Banks de son nom complet ponctue pratiquement toutes ses chansons de mouvements saccadés, robotiques, mais aussi étrangement sensuels. Ses chorégraphies s’agencent parfaitement aux chansons pop R’n’B qu’elle propose et son univers érotico-gothique est complètement hypnotisant.

On y plonge dès les premières notes de Poltergeist, et on comprend que pour la prochaine heure, on sera transporté dans un monde sombre et énigmatique en compagnie de fans très fidèles qui connaissent toutes les paroles de ses chansons.

BANKS connait quelques problèmes techniques lors de la dynamique Trainwreck, les couches d’électronique étant probablement trop nombreuses. Un pépin qui lui donne tout de même l’occasion de se confier à son public, racontant sa lutte contre la dépression, son amour pour la musique et sa gratitude envers la musique qui l’a poussé à apprendre la langue des signes. Elle en fera d’ailleurs la démonstration un peu plus tard avant la douce Mother Earth pour laquelle tout le parterre a brandi des coeurs rouges devant leur lumière de téléphone cellulaire.

On lui reproche de ne pas bien mettre en valeur sa voix sur scène, mais elle a tout de même délaisser les artifices quelque fois, notamment lors de Better, un beau moment de communion où elle semblait réellement s’abandonner à son oeuvre, plus épanouie que quelques minutes avant. Les Drowning et Beggin for Thread qui l’ont fait connaître ont soulevé les réactions et fait danser le public, avant de culminer sur This Is Not About Us, une chanson aux rythmes infectieux issue de son plus récent The Altar.

BANKS livre un spectacle calculé qui manque peut-être un peu de spontanéité, mais dans ce cas-ci, la froideur faisant partie intégrante de son univers musical, ça fonctionne parfaitement.

Grille de chansons

    1. Poltergeist
    2. Fuck With Myself
    3. Gemini Feed
    4. Trainwreck
    5. Waiting Game
    6. This Is What It Feels Like
    7. Mind Games
    8. Better
    9. Weaker Girl
    10. Mother Earth
    11. Drowning
    12. Judas
    13. Beggin for Thread
    14. Haunt

Rappel

  1. 27 Hours
  2. This Is Not About Us
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