École Nationale de Cirque
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BAROK XXI à la Tohu | Étonnants finissants de l’École Nationale de Cirque

Après être allé voir le premier des deux spectacles des finissants de l’École Nationale de Cirque, Sors-tu.ca est allé voir le deuxième, BAROK XXI. Une ambiance complètement différente, mais des artistes toujours aussi talentueux.


Alors que la salle n’est pas encore plongée dans le noir, les artistes se placent sur scène. Ils nous observent, au rythme d’une musique déconstruite et d’une cymbale frappée de temps en temps. Le public ne sait pas comment réagir : certains continuent à discuter comme si de rien n’était, d’autres observent à leur tour. Le malaise est perceptible et les artistes en profitent pour lancer le spectacle au milieu d’un beau chaos.

Les numéros s’enchaînent, aussi impressionnants les uns que les autres. Au programme : trapèze, corde volante, jonglerie, tissu, roue cyr, jonglerie à nouveau, trapèze ballant, sangles, acrobaties main à main et planche coréenne pour terminer. Chaque finissant a son heure de gloire, et joue beaucoup sur l’importance de ce qu’il est en train de faire : faut-il se montrer à tout prix, qu’attend le spectateur, doit-on répondre à ses attentes ?

Chaque performance est court-circuitée par la présence des artistes qui disposent des projecteurs, observent leurs camarades, les singent ou se transforment parfois en robots, parfois en statue. L’ensemble est très homogène : on a toujours quelque chose à regarder quelque part, que ce soit en l’air, à l’avant à l’arrière de la scène, ou même dans le public. La mise en scène de Peter James occupe avec intelligence tout l’espace de la Tohu.

BAROK XXI est un spectacle qui chamboule autant les habitudes des artistes que celles des spectateurs. Du côté des artistes, on performe, sans vernis, on travaille et on va chercher les limites du corps humain tout en renouvelant les codes du cirque. On hurle pour attirer l’attention, on découvre de nouvelles manières de jongler ou de faire des acrobaties avec un partenaire ; on cherche à impressionner toujours plus, avec beaucoup d’humour et d’humilité. Du côté des spectateurs, on ne sait plus où donner de la tête, on applaudit à tout va, n’importe quand, on s’affole, on s’exclame, on rit aussi, énormément. Des deux côtés, on partage une ambiance survoltée qui met en avant les artistes et leur sens du spectacle.

On sort de BAROK XXI en n’étant pas certain d’avoir pu tout voir, tout entendre, profiter de chaque blague et de chaque message. On reste sur des impressions merveilleuses, des souvenirs de numéros plus incroyables les uns que les autres. Le final, déshabillé géant sur musique techno, a très bien résumé l’ensemble du spectacle : un moment de jouissance électrique où les codes du cirque et du spectacle n’existent plus vraiment, mais ne demandent qu’à être réinventés.

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