Basia Bulat
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Basia Bulat – Good Advice (****) | Tristesse pop

Basia Bulat - Good Advice Basia Bulat Good Advice

Avec son quatrième album, Basia Bulat défie les attentes.  En effet, la jeune chanteuse folk pousse son exploration musicale vers la musique pop, tandis qu’elle s’ouvre le cœur et l’âme sur des textes déchirants.  Car, difficile de le deviner à la première écoute, mais Good Avice fut écrit en réaction à une rupture amoureuse.  Et le tout se mélange merveilleusement bien.

Plusieurs artistes s’inspirent de tragédies ou événements tristes pour écrire.  Parfois ça donne quelque chose d’enragé à la Jagged Little Pill d’Alanis Morissette, et d’autres fois c’est plus sobre et mélancolique à la Carrie & Lowell de Sufjan Stevens.

Dans le cas de Basia Bulat, les sentiments tristes prennent de nouvelles formes, à la manière de chenilles transformées en papillons, et nous arrivent sous forme de petits joyaux pop.  Dès le départ avec La La Lie, on sent que la chanteuse désire nous faire bouger plutôt que nous faire pleurer.  Sa voix assurée et remplie d’émotion, accompagnée d’une section rythmique énergique, apporte un vent de fraîcheur.  Non seulement les rythmes sont dansants, mais du même coup on découvre une nouvelle facette de celle qui donnait davantage dans le folk.

Bulat ne donne plus autant de place à l’autoharpe, son instrument de prédilection qui était omniprésent sur les précédents albums.  Ici, ce sont les claviers et l’orgue qui règnent.

Let Me In en est un exemple, un arrangement simple où la voix de la chanteuse est posée sur des boucles de synthétiseurs et une batterie minimaliste, auxquels s’ajoutent progressivement d’autres instruments, tout en conservant l’aspect épuré de la chanson du début à la fin.

Cette simplicité est partout sur l’album.  Time est un autre bon exemple de ça.  La fragilité du propos et de la voix est servie par la musique qui va en progressant petit à petit, une guitare fuzzy s’ajoutant au mix à un certain point, mais sans jamais prendre le dessus sur les émotions de la chanteuse.

La basse fait aussi un excellent travail, notamment sur Long Goodbye, où elle est très présente, offrant un petit moment groovy intéressant dans le refrain.

Le disque est rempli de pièces qui pourraient facilement se hisser dans les palmarès, en particulier Fool,  une parfaite petite construction pop qui risque d’être très appréciée du grand public.  Jim James, du groupe My Morning Jacket, réalise l’album et trouve l’équilibre parfait entre les textures pop synthétiques et la chaleur de la voix émotive de Bulat.

Ce quatrième disque devrait faire tourner plusieurs têtes en direction de Basia Bulat qui non seulement se livre comme jamais auparavant, mais fait également avancer son art en explorant une avenue différente de ce à quoi elle nous avait habitués.  Le tout est un mélange adroit d’émotions pures, parfois sombres, et d’une musique enjouée qui peut être appréciée en toutes occasions.  Définitivement son meilleur album à ce jour.

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