Batsheva Dance Company
Critique Publié le

Batsheva Dance Company à la Place des Arts | Une heure de délice pour les yeux

La Batsheva Dance Company, célèbre compagnie de danse israélienne dont la renommée n’est plus à faire, est de retour pour trois dates à Montréal, alors qu’elle présente sa toute dernière création, Last Work, chorégraphiée par Ohad Naharin. C’est la troisième fois que la compagnie se produit ici et les trois représentations affichent salle comble.

Difficile de décrire les émotions qui nous traversent après un spectacle aussi prenant, d’un bout à l’autre. Last Work nous transporte dans un monde auquel on peut s’apparenter. Pendant toute la durée de la chorégraphie, une jeune femme court, au loin, à un rythme régulier. Stoïque, elle regarde devant elle et suit sa destinée : vers quoi court-elle ? On ne le sait pas et c’est la l’un des points forts du spectacle : l’imagination est laissée libre de vagabonder d’un danseur à l’autre, lui prêtant une histoire qui est peut-être la sienne, peut-être pas. Le spectateur peut choisir de s’apparenter à l’un ou l’autre des danseurs, ou seulement à un mouvement, mais il s’y reconnaît forcément à un moment donné.

Trois tableaux se succèdent, très différents les uns des autres tant du point de vue de la danse que de l’ambiance, ou encore de la musique. Les danseurs évoluent et communiquent ensembles, au grès du temps et des mouvements. L’une des plus grandes fascinations qui ressort, réside dans le fait que malgré leurs diverses personnalités, il y a une unité entre eux qui est frappante :  cela donne une cohésion au tout qui peut pourtant paraître éclaté à certains moments. Que ce soit au niveau des corps ou au niveau de la danse, il y a une harmonie physique qui règne entre eux. Tantôt les corps ondulent, tantôt ils se raidissent pour exploser en un jaillissement d’énergie mais ils sont travaillés dans leur entièreté.

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Chacun leur tour, par groupes de deux, trois, cinq ou tous ensembles, ils creusent l’espace, comme s’ils se débattaient contre une force invisible. On a réellement l’impression de les voir graver leurs mouvements dans l’atmosphère qui les entourent. Par ces mouvements de petits groupes, on a le temps d’apprécier chaque interprète sur scène. Tout le long de la pièce, on peut ressentir la passion des danseurs pour l’oeuvre qu’ils sont en train de créer car en tant que public, on sent la pièce surgir devant nos yeux : ils ne font pas que l’interpréter, ils la vivent.

Last Work éclate dans un final déjanté et alors que la coureuse tient un drapeau blanc – symbole de liberté ? – un des danseurs déroule du tape pour les attacher entre eux, les reliant les uns et les autres et aboutissant ainsi à un ultime sentiment de corps unique. La pièce se termine abruptement, laissant le spectateur hypnotisé par tant d’émotions différentes en une heure et quelques de spectacle.

La Batsheva Dance Company frappe donc encore une fois très fort avec cette dernière création éclectique et aboutie à tous points de vue.

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