Benjamin Clementine
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Benjamin Clementine à L’Astral | Sobre extravagance

Benjamin Clementine, le doux géant dont la musique est elle aussi douce-géante, pianotait pour l’Astral ce vendredi, dans le cadre du programme Jazz à l’année du Festival de jazz de Montréal. Et si on avait à résumer la soirée en un seul mot, ce serait « intriguant ».

On ne sait pas grand-chose de Benjamin. À part qu’il vient de Londres, habite Paris et à été découvert alors qu’il vivait dans la rue et chantait dans le métro.

Ah, et on sait maintenant qu’il est vraiment, vraiment, grand.

Mais outre ça, l’homme est tellement réservé qu’il ne semble même pas à son aise sur une scène. Ou du moins, entre les chansons. Parce que pendant les chansons, il sourit et oscille sous la transe.

En gros, c’est ce qu’il nous a dévoilé hier: il y a deux Benjamin Clementine. Un qui chante avec une voix tellement puissante qu’il n’aurait probablement même pas besoin de micro pour se faire entendre, qui se coiffe comme une duchesse médiévale, qui ne porte rien en dessous de son long manteau, qui improvise en jouant.

Et l’autre, qui ne dit que des « thank you » à peine audibles et qui ne regarde presque jamais la foule.

Il y a une seule fois ou l’artiste semblait être parti pour un discours, mais grâce à quelqu’un dont le cellulaire s’est mis à sonner de la pire et plus envahissante sonnerie du monde, on ne saura jamais ce dont il voulait nous parler.

« Wow. Ok. » a largué Clementine en interrompant sa lancée.

Donc pour tout le monde à la maison, petit rappel: il existe un mode vibration, tsé.

Ah, et autre rappel à un autre membre de l’audience : ne crie donc pas « I’M SURE YOU CAN SPEAK FRENCH » à un artiste qui vient de l’Angleterre. Félicitations pour tes convictions francophiles, mais c’était pas tant que ça le moment de les étaler hier.

En tout cas, on a eu droit à une performance spéciale malgré tout. Mais pas aussi spéciale que le percussionniste au jeu et au look capillaire d’avant-garde qui accompagnait Clementine. Un certain Alexis dont les percus clairement improvisées ajoutaient beaucoup aux pièces.

Entre autre à Condolence, qui a sonné comme un chef-d’oeuvre.

CHARLOTTE CARDIN EN PREMIÈRE PARTIE

Annoncé à la dernière minute, la jeune Charlotte Cardin présentait ses compos jazz-pop (et un délicieux cover de Between the Bars d’Elliott Smith) en ouverture.

Pas de mise en scène ou rien, mais la voix parfaite de la dame sur de langoureux beats électro nous a un peu tous jeter sur le cul.

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