Blonde Redhead
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Blonde Redhead – 3 O’Clock (EP) (****) | Retour au lyrisme orchestral

Blonde Redhead - 3 O'Clock (EP) Blonde Redhead 3 O'Clock (EP)

Treize ans plus tard, la volupté et le spleen cruellement envoûtant de « Misery Is A Butterfly » remonte à la surface pour Blonde Redhead, cette fois-ci en petite dose. Le EP de 4 chansons intitulé « 3 O’Clock », qui sera lancé officiellement ce vendredi, démontre hors de tout doute que le trio new-yorkais est encore bien inspiré, surtout lorsqu’entouré de l’Ensemble ACME.

En entrevue avec Sors-tu.ca, quelques jours avant leur passage à Laval en exclusivité canadienne en octobre dernier, Amedeo Pace nous avait confié que la mini-tournée en question était non seulement une bonne défaite pour revisiter leur album mythique Misery Is A Butterfly, petit bijou « dream pop de chambre » paru en 2004, mais également une occasion de se frotter à l’American Contemporary Music Ensemble afin de créer de nouvelles musiques. L’idée de faire paraître un EP à l’hiver était déjà évoqué.

Le voici donc ce fameux EP, contenant 4 titres, dont 3 O’Clock et Golden Light, qu’on avait pu apprécier au rappel à Laval.

Comme promis, l’ACME ajoute de jolies bordures dorées aux compositions toutes mid-tempo, à l’interprétation soignée, aux ambiances feutrées. Il faut dire que le compositeur américain Eyrind Kang, qui a collaboré avec Blonde Redhead sur Misery Is A Butterfly et à la dernière tournée, est également à bord du projet.

Après quelques albums à troquer les guitares électriques pour les trames électro, on retrouve donc avec beaucoup de bonheur une instrumentation organique et luxuriante : violon, violoncelle, clarinette, hautbois, flute et trompette jaillissent ici et là, au service des compositions souvent basées sur des mélodies à la guitare électrique claire.

Le EP est carrément présenté en deux temps : la chanteuse japonaise Kazu Makino pose sa délicate voix haute perchée sur les deux premiers titres, soit 3 O’Clock — sans doute la plus relevée du lot avec Where You Mind Wants To Go — et la plus dramatique Golden Light. Un vidéoclip était d’ailleurs publié il y a quelques jours pour cette dernière :

Amedeo Pace prend les rênes pour les deux suivantes Where You Mind Wants Go (et non, ce n’est pas une coquille ; c’est bien « Where YOU Mind… ») et la très jolie Give Give en fermeture, avec ses douces percussions et son haut-bois qui virevolte doucement comme un oiseau.

Sans faire marche arrière, Blonde Redhead se replonge donc dans une approche musicale qui lui seyait bien, tout en mettant sa vaste expérience au profit d’un EP langoureux, majestueux et très maîtrisé.

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