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Bluesfest d’Ottawa 2017 – Jour 4 | P!NK, Yonatan Gat et Gabrielle Shonk

Par le temps que P!nk arrive à Ottawa pour épater la galerie sur les Plaines Lebreton dimanche soir, tout avait déjà été dit de son spectacle de la veille au Festival d’été de Québec. La collègue Camille P. Parent en a fait l’éloge en long et en large, comme presque tout le reste de la faune médiatique qui criait unanimement au génie, sans gêne. Inutile de dire que les attentes étaient hautes pour nous, pauvres âmes en retard de 24 heures sur le buzz.

On espérait au moins pouvoir vous montrer des photos. La chanteuse ayant refusé l’accès à la grande majorité des photographes accrédités la veille, il y aurait au moins de quoi de neuf à montrer si on pouvait se reprendre à Ottawa. Mais niet. L’entourage de P!nk n’a admis qu’un journal papier (<pointe de sarcasme>parce que le papier, on le sait, c’est l’avenir et c’est l’endroit tout indiqué pour étaler une galerie photo </pointe de sarcasme>) et le photographe maison du Bluesfest (en l’occurence Mark Horton, à qui on doit la photo en entête de cet article). Gros show visuellement impressionnant, avec des danseurs, un décor, tout le tralala, et pas de photographe. Tu te magasines une chèvre, ma chère…

Alors quoi de neuf à ajouter ?  Oh pas grand chose. Lisez cette critique (d’une fan beaucoup plus sensible à ce que fait P!nk), et ajoutez à cela :

1. qu’au lieu d’être son 2e show après 4 ans d’absence, c’était son 3e. Par ailleurs, son absence était motivée par le fait d’avoir « produit un être humain », comme elle l’a souligné. Celui-là même qu’elle allaite en coulisses tout en se faisant maquiller, comme en témoigne son compte Instagram :

Jameson can multitask too #workflow @pamwiggy @kathyjeung

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2. que Dallas Green (alias City and Colour) est venu la rejoindre sur scène pour interpréter You and Me et Unbeliever en duo acoustique, comme sur leur projet You+Me. Ah ça, Québec n’y a pas eu droit !  EXCLUSIF ! On entendait que dalle, mais ça avait l’air magnifique comme en témoigne son compte Instagram :

This guy owns a piece of my heart #you+me #dallas #love

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3. que la pluie battante s’est abattue sur la foule vers 22h. Et pas juste la foule : P!nk se trouvait sur la passerelle avec son guitariste à ce moment, donc elle s’en est pris plein la gueule elle aussi, comme en témoigne euh… son compte Instagram :

Light drizzle last night at Ottawa Blues Fest #rocknroll

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Sinon, pas mal un copié-collé, selon ce qu’on en a lu. Des hits, en veux-tu en v’là.  Des chorégraphies, des gentillesses, des sourires, des poignées de main aux fans, des grosses lumières. Et cette finale digne du Cirque du Soleil où la chanteuse vole littéralement dans tous les sens au-dessus de la foule grâce à un harnais rotatif et des câbles de fer croisés, tout en continuant de chanter So What. (Comme dans « So What que je vole dans les airs en tourniquant, ça m’empêchera pas de chanter quand même… »)

(Visionnez cette vidéo vers 0:30)

À noter : P!nk a saupoudré son set de reprises plutôt réussies, ce qui est agréable pour ceux qui ne raffolent pas nécessairement des hits de la chanteuse. (Vous aurez compris que c’est un peu le cas de l’auteur de ces lignes). Babe I’m Gonna Leave You était particulièrement explosive dans sa forme Zeppelinesque, ainsi que Me and Bobby McGee de Janis Joplin et la très bonne River de Bishop Briggs.

 

Yonatan Gat et Gabrielle Shonk

Plus tôt en soirée, Yonatan Gat a créé un moment comme seul lui sait le faire. Alors que la tente de l’espace Bluesville du site propose généralement des shows au fond de la tente sur une scène conventionnelle, l’artiste israélien, lui, a décidé de se monter sa propre petite scène, au beau milieu de l’espace. Une toute petite scène carrée, à peine grosse comme un ring de boxe, avec les 3 musiciens, la batterie et les amplis dessus. En terme de proximité, il se fait pas mieux. On pouvait pratiquement toucher les musiciens, quand ce n’était pas lui qui nous touchait avec son manche de guitare.

Fidèle à son habitude, l’éclairage était pour le moins minimaliste : 2 spots sur scène, un jaune qui éclaire le bassiste et le batteur, et un rouge qui éclaire Gat. Le son aussi : tout provenait directement des amplis. Et ça sonnait fort, comme il se doit.

Les quelques 200 curieux qui ont donné leur chance à cette prestation semi-improvisée de punk psychédélique à saveur vaguement arabe n’ont certainement pas été laissés indifférents. Plusieurs commençaient même à être en sérieuse transe quand on a quitté pour aller voir P!nk.

Yonatan Gat sera au Festival d’été de Québec ce dimanche 16 juillet, puis au Festif! de Baie Saint-Paul le samedi 22 juillet. À ne pas manquer si vous vous adonnez à être dans les parages.


À part ça, la jeune chanteuse et musicienne de Québec, Gabrielle Shonk, était de passage sur la grosse scène, une heure avant que P!nk y mette les pieds. Elle en a d’ailleurs profité pour porter ses plus beaux pantalons… roses, bien sûr !

Pas mal comme opportunité, pour une fille qu’on voyait jouer dans des petites salles à Montréal et Québec il n’y a pas si longtemps. Il faut dire que depuis son passage remarqué à La Voix en 2014, elle a pris le temps de prendre du galon, résistant à la tentation de sortir un album trop rapidement. Finalement, en janvier dernier, elle signait chez Universal Music, et son premier disque en carrière verra le jour en septembre.

Fort sympathique, sa prestation a été un peu minée par une pluie abondante, durant une vingtaine de minutes (sur les 45 proposées). Dommage, mais il n’empêche que des milliers de curieux ont pu découvrir son univers, ses chansons (dont l’excellent single soul-folk Habit) et sa délicate voix bien maîtrisée. Fort charmant, tout ça. Ça augure bien.


* Photo en entête par Mark Horton.

 

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