Bluesfest d'Ottawa
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Bluesfest d’Ottawa 2019 – Jour 3 | Une leçon d’humilité et la renaissance pop-punk

Parlons d’abord de cette leçon d’humilité. Fait que ce qui est arrivé, c’est que la personne qui écrit présentement ces lignes, quelqu’un qui est convaincu d’avoir une culture musicale infaillible, quelqu’un qui se targue d’être un mélomane à l’affût, quelqu’un de très fier de son knowledge de la scène rock, eh bien ce quelqu’un-là n’avait AUCUNE ESPÈCE D’IDÉE DE QUI ÉTAIENT LES GLORIOUS SONS.

Pourtant les Glorious Sons étaient la tête d’affiche en fermeture de ce samedi soir, devant une foule compacte de gens qui, eux, connaissaient très bien les Glorious Sons.

C’est donc en regardant des milliers de personnes chanter chaque parole de chaque chanson que je sortis mon téléphone pour rechercher frénétiquement toute l’info que je pouvais trouver sur ce band-là.

Pour ceux qui, comme moi, ont besoin d’un petit portrait: les Glorious Sons sont un quintet ontarien formé par les frères Brett et Jay Emmons qui donne dans le rock juste assez nostalgique (genre quand même plus moderne que Greta Van Fleet, ‘mettons). Ils ont quelques albums déjà et un Juno derrière la cravate.

Mais de toute façon, connu ou pas connu, ce qui définit vraiment un groupe est le spectacle qu’il donne. Et les Glorious Sons en donnent un pas pire. Les chansons du band sont d’ailleurs clairement écrites pour être performées devant public : chant de groupe, rythmes simples, moments d’accalmie, bref ça coche toutes les cases du arena rock. Mais c’est surtout la dégaine du chanteur Brett Emmons qui est le centre de l’attention. Peut-être se prend-il un ‘ti peu trop pour Axl Rose, c’est vrai, mais il a la voix pour le justifier et on ne peut qu’applaudir son talent. Et son sens du style (pantalons skinny carreautés et long manteau de léopard, c’est pas un combo qu’on voit souvent).

Ce qui est dommage, c’est que pour une oreille non-initiée aux succès du groupe, chaque chansons qu’ils ont jouées sonnaient comme la précédente.

Donc efficace, oui. Révolutionnaire, non.

La renaissance pop-punk

Si le rock des Glorious Sons aura ramené certains à la belle époque des cheveux longs et des solos de guit’, c’est une toute autre capsule temporelle qui précédait leur performance.

On était plus circa 2000, de retour au temps où les écoles secondaires débordaient de toupets forgés au fer plat, d’eyeliner rouge et de snakebites. Oui, mesdames et messieurs, on a revécu notre période emo hier, AVEC FIERTÉ, alors que Taking Back Sunday enfilait les hits sous le soleil de plomb de la Capital City.

Les gars ont pris un coup de vieux, certes, mais les années n’ont pas diminué l’aise et le charisme d’Adam Lazzara, frontman de la formation. Tsé des fois ont dit que des gens sont nés pour être sur scène, Lazzara fait partie de ce groupe sélecte. Pas qu’il soit particulièrement exubérant, il est juste vraiment clairement dans son élément. Ces interventions sont drôles et efficaces, sa voix est juste, ses moves sont impeccables mais surtout, surtout, son maniement du micro est à béer les bouches.

Tasse-toé, Cirque du Soleil, moi je veux voir ce gars-là lancer, faire tourner, retourner, pirouetter son micro et toujours le rattraper parfaitement, entre 2 refrains comme si de rien n’était.

Le groupe a fait un assez long set, pigeant ici et là dans leur discographie (ils ont quand même de nouveaux albums dans les dernières années) mais il faut avouer que c’est quand ils ont dépoussiéré les hits que le spectacle a véritablement commencé.

Boom. A Decade Under the Influence.

Boom. Cute Without the E.

Boom. MakeDamnSure.

As-tu déjà des hommes de 35 ans hurler I JUST WANT TO BREAK YOU DOWN SO BADLYYYYYY comme des adolescents émotifs? C’est beau à voir. Très beau.

Juste avant eux se produisaient la sensation canadienne PUP. Un des rares groupes à réussir l’impossible ces derniers temps: ramener le pop-punk à l’avant-plan sans le faire de manière quétaine et détestable. L’héritage canadien en la matière aide sûrement (Sum 41, Simple Plan, Avril Lavigne, le CV de notre pays en pop-punk n’est pas gênant), mais PUP a trouvé sa propre formule et à voir la foule former le seul moshpit de la journée, le public apprécie.

Et juste avant eux, il y avait aussi The Beths, groupe qui entre peut-être moins dans la définition classique mais qui ajoute sa saveur au style, et dont le spectacle valait le détour malgré la petitesse de la foule présente.

 

Et aussi.

Y’a un autre spectacle intéressant qui se déroulait, lui, à l’extérieur de la scène: le fascinant monde des manèges, des forains et des attrape-nigauds. Plus précisément, un forain dont l’attraction est “si t’es capable de tenir 2 minutes en suspens sur cette barre de métal en position chin-up, tu gagnes 150$”. Pour vrai, un des meilleurs shows de la journée était de voir tous les gars se pomper le chest avant de finalement ravaler leur orgueil en se rendant compte que c’est impossible. Et ce, évidemment, après avoir gaspillé 5$ pour l’essayer.

On vous tient au courant si quelqu’un réussit ce dimanche aussi.

 

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