The Book of Mormon
Critique Publié le

Book of Mormon à la Salle Wilfrid-Pelletier | Rire jaune, mais rire quand même

Il est enfin de retour à Montréal le fameux spectacle Book of Mormon, et on est pas déçu! La comédie musicale qui avait raflé neuf Tony Awards en 2011 raconte une histoire délirante et sans bon sens pour le plaisir des plus grands.

Contrairement aux Cinderella ou Mamma Mia! qui ont été présentés à la Place des Arts cette année, Book of Mormon n’est pas pour un jeune public. Après tout, la comédie musicale a été créée notamment par Trey Parker et Matt Stone, le duo derrière l’émission plus qu’irrévérencieuse South Park. Ça vous donne une idée du genre d’humour qui se retrouvait dans le spectacle.

Book of Mormon raconte l’histoire de deux missionnaires mormons qui sont envoyés en Ouganda pour tenter tant bien que mal de convertir un village africain. Aux prises du chef militaire General Butt Fucking Naked qui les terrorise, le village cherche plus que tout une solution pour se sortir de leur situation déplorable où raids et circoncisions féminines sont choses du quotidien.

Il faut savoir dès le départ que Book of Mormon ne joue pas dans le politically-correct, loin de là. On ose plutôt des blagues fondées sur les stéréotypes. C’est risqué et ça frôle les blagues racistes, mais un peu comme on écoute South Park, on rit quand même, mais on rit jaune.

Exagération à point

Les personnages sont attachants, mais exagérés à l’extrême. Les premiers rôles sont les deux missionnaires mormons Elder Price (Gabe Gibbs) et Elder Cunningham (Conner Peirson). Le premier est un premier de classe qui rêve de réaliser de grandes choses et de se faire envoyer en mission à sa destination de rêve: Orlando. Le second est bien sûr le dernier de classe, un mormon qui n’a jamais lu le livre, qui s’intéresse plutôt à Star Wars et Le Seigneur des Anneaux, et qui a la fâcheuse habitude de mentir et fabuler.

On dit souvent que le jeu des comédies musicales est trop gros. Book of Mormon n’est pas différent, mais dans ce cas-ci, c’est nécessaire. Le spectacle est avant tout une caricature de la religion d’origine américaine. Les mimiques sont donc de mise et le duo Gibbs-Peirson réussit parfaitement à jouer là-dessus. Parlant de mimiques, un clin d’oeil est nécessaire à PJ Adzima dans le rôle d’Elder McKinley qui nous a fait sourire à maintes reprises.

Parmi les villageois de l’Uganda, on rencontrait Nabulungi, une jeune fille qui rêve d’aller à Sal Tlay Ka Siti (Salt Lake City, le siège social de l’Église mormone). Celle-ci était interprétée par Leanne Robinson qui jouait l’innocence à la perfection et sa voix était tout à fait renversante. Il faut dire que les choeurs sur les morceaux aux sonorités africaines étaient absolument magnifiques. On pense entre autres aux inoubliables Hasa Diga Eebowai et Joseph Smith American Moses où les villageois racontent « l’histoire » des Mormons.

Les rires fusaient de partout dans la salle et celle-ci était pleine à craquer. Le spectacle a d’ailleurs commencé quelques minutes en retard parce que le hall était encore plein à 20h. C’est un spectacle à voir et revoir pour rire à en avoir des crampes au ventre. Il faut par contre être conscient que c’est une comédie musicale des créateurs de South Park et que les blagues, bien que moins risquées que dans l’émission, sont osées et ont le potentiel d’en froisser certains. Disons que ce n’est pas pour vos grands-parents, et certainement pas pour vos petits-cousins de douze ans.

Book of Mormon est présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier jusqu’au dimanche 23 avril.

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