Broods
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BROODS à L’Astral | Crescendo enflammé

La formation néo-zélandaise Broods a mis le feu à L’Astral, hier soir, mais comme tout bon pyromane sait bien, un feu prend du temps avant d’atteindre une flamme complète. Le spectacle a pris son envol vers la seconde moitié, mais au final, on avait devant nous un réel feu de joie.

Georgia Nott et son grand frère Caled Nott, qui forment ensemble Broods, étaient accompagnés d’un batteur et d’une claviériste/choriste. On a pu ressentir la chimie de l’ensemble par les petits sourires échangés entre eux, tout au long du spectacle.

Ils ont lancé le spectacle sur la chanson titre de leur plus récent album Conscious. Bien que la chanson soit forte en basses fréquences, ce n’était peut-être pas le morceau le plus dynamique pour un début de show. La basse était bien au rendez-vous, les paroles tout aussi puissantes, mais il manquait un petit quelque chose. Toujours du même album, la chanson Hold The Line a suivi. Encore une fois, un petit quelque chose.

Le public était toutefois bien au rendez-vous, séduit devant l’énergie de la belle Georgia, vêtue d’un one-piece moulant noir satiné, les cheveux platine en chignon. De son côté, Caleb en noir également, gardait son poste derrière sa console et nous gâtait de ses back-vocals une fois de temps en temps.

Le duo a revisité leurs deux albums en carrière, Evergreen (2014) avec les populaires Everytime, Four Walls ou Bridges, et le récent Conscious, paru plus tôt en juin, qui contient Heartlines, Freak of Nature (habituellement en duo avec MØ, mais elle ne s’est malheureusement pas déplacée pour l’occasion) et la très dynamique Free, pour ne nommer que celles-là.

Changement de rythme

Ils ont freiné la cadence, le temps de quelques chansons, d’abord avec Freak of Nature que Georgia a présenté comme étant un morceau très important pour elle. Elle nous l’a prouvé par des vocalises puissantes et solides, et par toute l’émotion qui en émanait. Pour les sceptiques, sa voix est un instrument qu’elle manie avec un parfait contrôle et est aussi riche — sinon plus — que sur les enregistrements.

Les frère-et-soeur nous ont ensuite donné un aperçu de leurs jams en famille par une courte performance acoustique. Ils ont d’abord interprèté leur pièce All of Your Glory, suivie de Taking You There, tirée de leur EP. Caleb nous a à son tour démontré qu’il sait bien plus que juste appuyer sur des boutons, mais aussi jouer de la guitare parfaitement. Un beau moment intime en duo où ils ont bien su nous inclure.

Décollage

Broods est ensuite sorti de scène, nous laissant sur une trame robotique, à la Hide and Seek d’Imogen Heap. Il ne s’agissait pas du rappel, mais plutôt d’un changement de costume sur intermède musical. Ils ont rejailli tout de blanc vêtus et ont frappé fort avec leur morceau Recovery. Le vent a alors tourné.

L’énergie a continué de grimper avec les toutes aussi entraînantes Are You Home, Heartlines ou encore We Had Everything. Les mains étaient levées et ce n’était pas juste pour prendre des photos. Les gens étaient épris du rythme et L’Astral est devenu une piste de danse.

Ils ont continué de marquer des points de la sorte dans leur montée fulgurante. Ils ont ensuite entonné Mother & Father qui en a fait chanter plus d’un, pour ensuite s’en prendre au hit Free. Georgia nous a demandé de l’aide sur les paroles et on était ravis de lui prêter nos voix. Ils sont ensuite ressortis de scène, pour le rappel cette fois, pour revenir sur leur ballade Four Walls, suivie de Bridges qui a eu le même effet sur nos cordes vocales que Free. Le groupe a bouclé la boucle sur une promesse de garder le niveau d’énergie bien haut avec la solide Couldn’t Believe.

Bien que les tisons aient pris un temps avec de prendre flamme, le duo néo-zélandais nous en aura mis plein la vue et nous aura maintenu en haleine jusqu’à la fin. La foule en est ressortie aux anges, et en aurait définitivement pris encore plus.


Première partie: Jarryd James

La foule n’était pas toute arrivée quand Jarryd James est monté sur scène. Toutefois, au fur et à mesure qu’elle faisait son entrée dans L’Astral, tout le monde était d’accord pour dire qu’il s’agissait vraiment d’une belle découverte. Jarryd James est un auteur-compositeur-interprète australien, populaire dans son coin du monde, mais qui gagnerait à être un peu plus connu dans notre coin à nous.

Avec une voix qui se veut un genre de mélange entre Sam Smith et Ed Sheeran, le chanteur nous a présenté un stock qui était solide, bien à lui et bien ressenti. Toutefois, c’est du côté de la présence scénique que ça manquait un peu. Peut-être que c’était à cause du matos de Broods qui était un peu dans ses jambes, ou par un manque de confiance — il s’agissait de son premier passage à Montréal après tout — mais quoi qu’il en soit, avec le matériel qu’il nous a déballé, il mérite de prendre de l’assurance parce ce que ça marche!

On a eu droit à une visite surprise de Georgia Nott, le temps de leur déchirant duo 1000x. On a appris que sa présence n’était pas une coincidence puisque les deux artistes sont de bons amis dans la vraie vie. Une petite leçon de duo aurait peut-être pu être de mise, lui qui préférait chanter en regardant bien devant lui plutôt que de plonger dans ses beaux yeux.

C’était un bon coup de l’avoir en première partie de tournée. Le public a eu droit à une belle révélation. Parions qu’il a vendu plus d’une copie d’album après son passage.

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