Charlotte Cardin
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Charlotte Cardin à l’Église Saint-James | Prêtresse classy et sassy!

Mardi soir, Charlotte Cardin était en prestation à l’Église Saint-James, à Montréal. Il s’agissait de la première soirée d’une série de trois concerts dans des églises, présentés par evenko, Greenland Productions et le Festival International de Jazz de Montréal. Aux dires de la chanteuse, ce spectacle a été sold-out en 45 secondes sur Internet! Très attendue, elle a joué beaucoup de chansons de son EP «Big Boy» (2016), mais aussi des nouvelles pièces. Elle a également réservé des surprises à son public. Retour sur une soirée magistrale.


Prêtresse sophistiquée

La dernière visite de la belle Montréalaise dans sa ville natale remonte au Festival Mile-Ex, en septembre 2017. Par la suite, elle a été en tête d’affiche d’une tournée américaine du 13 avril au 5 mai dernier, avec en premières parties Niia et Aliocha.

Après un petit quinze minutes de retard, la prêtresse entame la soirée avec Big Boy. Le public, hétéroclite et bruyant, accueille la chanteuse, qui prend le temps de le remercier. À 23 ans, cette ancienne participante de La Voix (2013) prouve qu’elle a la force d’avoir une carrière au-delà de l’éphémère d’un concours télévisé.

Si elle joue les éplorées derrière son clavier, Charlotte Cardin est tout sauf une martyre. Elle est plutôt une véritable prêtresse qui propose une messe salvatrice. Avec de vagues airs de Cléopâtre, drapée d’une tunique blanche qui lui sied à merveille, elle n’est pas sainte nitouche, ni vulgaire. Elle se révèle talentueuse, charismatique et sexy; un très juste dosage.

L’éclairage, souvent bleu ou rouge, se répercute de façon superbe sur les voûtes de l’Église Saint-James. La voix de la chanteuse réverbère sur les hauts plafonds, et elle est acclamée par ses fidèles, qui lui obéissent au doigt et à l’oeil. Elle a une maîtrise parfaite de sa voix et de son instrument, de même que ses deux comparses, qui livrent un spectacle bien fignolé. Benjamin Courcy, le batteur, sait utiliser de nuances et le multi-instrumentiste Mathieu Sénéchal (basse et synthé) le suit parfaitement. Tout se tient: chacun pose la bonne pierre dans le bel édifice de la carrière de Charlotte Cardin.

Sur des notes d’électro-pop, teintées de soul et de R&B, sa voix est «cuivrée» — de l’or liquide est déversé dans les oreilles des fans. Et ses notes de synthétiseur sont clinquantes et tapageuses. On porte du Charlotte Cardin comme on se vaporise d’un parfum distingué, de qualité supérieure. C’est une matière première un peu brute, mais d’une telle délicatesse. Quelque chose d’indescriptible qui nous enrichit. Un bijoux onéreux. Un produit brillant, bien travaillé. Une force tranquille, classy et sassy à la fois.

La trinité-surprise

La maître de cérémonie a accueilli auprès de son autel à t0uches noires et blanches une trinité d’invités. Au nom du Père: Aliocha, qui est venu le temps de jouer deux pièces à saveur country/folk. Les deux artistes, qui collaborent depuis longtemps ensemble, ont eu bien du plaisir sur scène. Au nom du Fils: Coeur de Pirate, avec qui Charlotte Cardin chante Prémonition. Même si leurs voix s’harmonisent un peu étrangement ensemble, le public fait tout de même une ovation avant le départ de la chanteuse invitée. Au nom du Saint-Esprit: Safia Nolin, qui fut réellement le clou de la soirée, les fidèles hurlant à son arrivée. Charmante, tout sourire, elle se dit un peu gênée de jouer une nouvelle chanson, sur laquelle Charlotte Cardin l’accompagne. Elles jouent ensuite Faufile, et c’est sublime; leurs voix se complètent à merveille.

L’auteure-compositrice-interprète a joué quelques covers (dont une de Post Malone) et des nouvelles chansons, comme Sous les jupes. En riant, elle dit que celle-ci est un peu inappropriée à la soirée… mais les spectateurs ne se font pas prier, sans vouloir faire de jeux de mots, pour rire avec elle et l’acclamer.

Coquine, l’esprit léger, elle revient souvent à ce sujet entre les chansons, qui utilisent quelques fois des «mauvais mots». D’ailleurs, le public apprécie particulièrement Dirty et The Kids. Charlotte Cardin clôt la soirée avec Main Girl, tirée de son EP de 2017; le public se lève pour applaudir à tout rompre.

Une soirée qui redonne la foi

Somme toute, cette courte messe musicale d’environ 1 h 15 a été livrée sans aucune faille. Charlotte Cardin, la messagère moderne du pop-électro, a accompli sa mission avec une facilité presque déconcertante. Elle sera ce soir à l’Église Sainte-Thérèse-d’Avila de Sainte-Thérèse, et demain à l’Église St-Jean-Baptiste de Montréal. Elle fera également des prestations en juin à Boston, et en novembre à Paris. On peut écouter son nouveau single California, sorti en avril dernier, et rester à l’affût via ses pages Facebook et Instagram. Une icône grandissante de la chanson, à suivre de très près…

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