Children of Bodom
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Children Of Bodom à Montréal et Québec | Tournée des 20 ans : enfin du rouge, vert et bleu

Les Finlandais ont terminé leur tournée en beauté avec une soirée à guichets fermés à Montréal, dans ce qui était certainement un de leurs meilleurs concerts des dernières années puisque ils jouaient seulement des extraits de leurs quatre premiers albums. Ils ont également visité Québec la veille, où notre photographe était présent.

Et oui ça fait déjà vingt ans qu’est sorti Something Wild, l’album qui allait révéler cet hybride de black/heavy métal symphonique aux accents néoclassiques qu’est COB, avec un guitariste qui allait inspirer des générations. C’était avant de s’accorder plus grave et changer de direction musicale, perdant une bonne partie de leur hype, avec une mauvaise réputation en concert, qui leur vaudrait plus tard le surnom de Children Of Boredom… Mais il fallait leur donner une dernière chance avec cette tournée des vingt ans qui ressortait les vieux albums. Retour sur le spectacle de Montréal avec les photos de Québec!

Apparemment, Uncured est un groupe de death métal progressif américain qui joue avec des guitares de sept cordes. Mais ils ont joué à 18h et c’est beaucoup trop tôt. On espérait qu’ils avait passé une bonne tournée et avaient profité de cette salle remplie.

Nous arrivions pendant le set beaucoup trop court de Lost Society, une bombe finlandaise qui a explosé il y a quelques années avec de jeunes prodiges de thrash metal mélodique. Quelle énergie, quel niveau, on en a pris plein la tronche, ça envoyait du lourd. Dommage que leur dernier album les voit déjà ralentir le tempo et chanter presque en clair comme dans The Antidote, même si les envolées de guitares sont impressionnantes. Mais leur côté skate-bière-thrash-fun est toujours là, avec un sympathique leader qui communique bien cette énergie. Ils ont même fait baisser le public puis sauter en l’air pendant la dernière chanson Riot. On aurait bien pris 30 minutes de plus et un petit Thrash All Over You.

Place au black métal symphonique aux touches théâtrales des Pays Bas avec Carach Angren. Ça commençait mal pour le chanteur dont le micro ne marchait pas, sans l’empêcher de donner tout un spectacle à lui seul. Le claviériste intriguait avec son clavier maléfique qui bougeait tout seul. En fait Carach Angren, c’est un peu comme si Dimmu Borgir couchait avec Cradle Of Filth, mais que suite à un problème érectile, ils décidaient juste de regarder L’Etrange Noël de Monsieur Jack. Le groupe demeurait extrêmement en place et efficace avec des passages épiques, du gros blast beat par ci par là, un bon son, et surtout un frontman remarquable.

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La scène est alors décorée avec la pochette de Something Wild dont on célèbre les vingt ans cette année. Les cinq finlandais sont alors débarqués sous une énorme ovation pour nous balancer une set-list de rêve, qui n’ira jamais plus loin que 2003. C’est-à-dire Hate Crew Deathroll, album après lequel Children Of Bodom a perdu son buzz et son hype. Enfin, après dix années à aller les voir presque à reculons en cherchant dans la set-list quelques bon vieux titres, ce soir c’est que du bonheur.

Il n’y a qu’à voir le mosh-pit énorme qui se déclenche sur chaque titre, parce que chaque morceau ou presque fait partie des classiques. C’est ça le COB qu’on aime, la raison d’être du groupe, les envolées néoclassiques entre guitares et claviers, et un Alexi Laiho qui chante en même temps qu’il fait des solos. La preuve, le concert était complet depuis des semaines, contrairement à leur passage dans la même salle il y a moins d’un an. Et les gars ne s’y trompaient pas, Jaska se levait derrière sa batterie après chaque morceau avec un sourire jusqu’aux oreilles, n’en croyant pas ses yeux.

Janne décernera le titre de « best upstairs ever » au balcon du Corona qui exultait aussi, et de « best crowd ever » en général, approuvé par Alexi. Henkka s’est adressé en français au public en remerciant tous les groupes et tous les techniciens qui ont travaillé fort sur la tournée, demandant aussi qui avait été des leurs lors de leur premier spectacle aux Foufs en 2000 (peu de mains se sont levées). Niveau lumières c’était facile: rouge, bleu ou vert selon l’album qui était joué.

Bon, c’est sûr qu’Alexi n’a plus autant d’énergie, même si l’excellente ambiance semblait lui donner des ailes. Henkka headbangait moins puisque il s’était coupé les cheveux. Et même si l’ex-Norther Daniel Feryberg s’en sortait à la guitare, il n’a toujours pas assez de charisme et de feeling pour combler la lourde absence de Roope Latvala. On n’égalera jamais la magie d’un Tokyo Warhearts ou le fameux live en Corée. Mais cependant, quel bonheur d’entendre en 2017 Bed Of Razors, Kissing The Shadows ou encore Deadnight Warrior, et même des titres plus obscurs comme The Nail ou Red Light In My Eyes. Parce qu’on les connaît quand même, parce qu’on est beaucoup à avoir écouté en boucle l’album rouge, le vert ou le bleu. Les cinq derniers albums par contre, c’est une autre histoire…

Alors, est-ce que Children Of Bodom aurait trouvé comment être à nouveau un groupe cool à aller voir en concert, qui suscite l’engouement des foules en étant capable de faire des sold-out à nouveau ? En assumant de devenir bientôt un vieux groupe « culte » dont les gens veulent majoritairement entendre les classiques? Dans tous les cas, musiciens et public sont sortis de la salle très heureux ce soir-là.

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