Cirkopolis
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Cirkopolis du Cirque Éloize | Retour à Montréal pour la 400e représentation

C’était le soir de la 400e représentation, jeudi dernier au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, pour le spectacle Cirkopolis du Cirque Éloize. Depuis la première du spectacle à Montréal, la neuvième  création originale de la troupe toute québécoise dirigée par Jeannot Painchaud, aura été présentée dans 75 villes de 20 pays, et rejoint 275 000 spectateurs.

En trois ans, la distribution aura changé selon les disponibilités, au point où seulement deux des 10 acrobates d’origine sont encore là. La plupart sont francophones, et le siège social du Cirque Éloize, qui regroupe une centaine d’employés, de même que le studio de création de la compagnie demeurent toujours à l’ancienne Gare Dalhousie, un bâtiment historique du Vieux-Montréal, là même où était installée l’École nationale de cirque de Montréal, avant de migrer à la Cité des arts du cirque avec la TOHU.

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Juste avant le 400e lever de rideau, Jeannot Painchaud n’était pas peu fier d’annoncer que Cirkopolis fera l’objet d’une importante tournée en Chine, qui s’étendra sur trois mois. Le spectacle visitera pas moins de 40 villes chinoises, ce qui en soit est déjà un exploit dans un pays où les traditions circassiennes sont restées très fortes.

Le spectacle est mis en scène conjointement par Jeannot Painchaud et le chorégraphe Dave St-Pierre, ce qui lui donne un aspect mixte de cirque, de danse, et même de théâtralité sous la responsabilité du conseiller en dramaturgie Rénald Laurin.

D’entrée de jeu, le spectateur est plongé dans un cadre de travail de bureau, mécanique et sans âme, où les protagonistes portant le chapeau et vêtus d’un imper se meuvent comme des automates. Les images vidéo en fond de scène, conçues par Alexis Laurence et le scénographe Robert Massicotte traduisent bien, avec leurs roues d’engrenage géantes, l’austérité du milieu. La musique de Stéfan Boucher fait le reste.

La magie du cirque opère, alors que l’une des trois femmes de la troupe, vêtue d’une sémillante robe rouge, livre avec adresse un numéro de cerceau enlevant. Suivra une enfilade de prouesses qui relèvent des principales disciplines du cirque que sont la jonglerie, le main à main, le mât chinois, la roue allemande, la planche sautoir, la roue Cyr, la corde lisse et le trapèze.

L’un des numéros les plus forts regroupe six acrobates en camisole dévoilant leur musculature d’athlètes, qui s’adonnent à la roue allemande comme à une compétition sportive. À un moment donné, ils sont quatre à l’intérieur de cette double roue à se mouvoir avec agilité et précision, mais sur un ton ludique. Dans la salle, les applaudissements ne manquent pas.

Malgré tout, souvent les frissons sont absents. Peut-être que le spectacle est trop bien huilé. Et certains numéros, comme la jonglerie avec des quilles blanches, sont plus mous. Par contre, d’autres sauvent la mise en originalité, comme ce numéro où une robe accrochée à un support s’anime entre les mains d’un des artistes, comme si elle était vivante. Et la mêlée générale des dix acrobates, festive et colorée, en fin de spectacle, rend le spectateur heureux de sa soirée au cirque.

«Il y a le cirque, et il y a le Cirque Éloize», a déjà écrit le New York Post.

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