Clutch
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Clutch et Zakk Sabbath à Clifton Park, NY | Stoner miraculeux

C’était un concert à guichets fermés ce samedi au nord d’Albany (NY). Alors que Zakk Wylde s’est éclaté à reprendre du Black Sabbath, les gars de Clutch ont assuré leur suprématie stoner, sans jouer trop de classiques, en demeurant efficaces. Sors-tu était sur place, par miracle.

C’était une tournée plutôt inédite et exceptionnelle. L’illustre guitar-hero Zakk Wylde avait décidé de prendre la route avec son hommage à Black Sabbath, en ouverture du quatuor stoner rock Clutch qui sillonne le continent pour défendre son onzième effort studio, Psychic Warfare.

Zakk Sabbath

Les sirènes retentissent sur un fond de lumières rouges et le trio se donne sur l’hymne War Pigs. Le guitariste à la longue barbe sait bien s’entourer: il est accompagné du batteur Joey Castillo (Queens Of The Stone Age, Danzig) et du bassiste d’Ozzy Osbourne, Rob « Blasko » Nicholson, deux autres bêtes de scènes. Autant dire que ça envoie! Il faut reconnaître que du Black Sabbath joué avec le gros son de guitare de Wylde, ça passe très bien.

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Le leader de Black Label Society se fait énormément plaisir à jouer les morceaux de ses idoles, et il va même jusqu’à sauter dans la foule, guitare derrière la tête, allongeant et abusant de solos interminables qui enflamment la foule. Et il s’en sort aussi très bien au niveau du chant. Zakk Wylde en impose, sa présence est remarquable, il est définitivement un personnage. Pas étonnant qu’Ozzy Osbourne l’ait recruté à l’époque, et c’est un bel hommage que lui a rendu Wylde.

Clutch

Pas loin de 30 ans de carrière, des vidéos qui tapent dans les millions de vues : Clutch est une machine bien rodée, et preuve en est que le concert affiche complet dans cette salle assez grande en banlieue d’Albany. Certes, après le monstre qu’est Zakk Wylde, le guitariste Tim Sult a plutôt un charisme d’huître. Il n’en demeure pas moins un maître du riff grovvy à mort qui te ramasse une salle entière à headbanger en chœur. Avec évidemment un bon gros son chaleureux de Gibson Lespaul sur ampli Orange, ses fréquences font monter la température dans la salle. Au chant et parfois à la guitare, Neil Fallon occupe bien l’espace physique et sonore avec sa voix reconnaissable.

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Le double tranchant d’un concert de Clutch, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’ils vont jouer. Ils peuvent sortir des vieux morceaux oubliés ou encore des nouveautés, ou choisir de ne pas jouer des classiques comme The Mob Goes Wild, Electric Worry ou One Eye Dollar, absents samedi soir. La foule n’en reste pas moins conquise. Ils terminent leur set avec le récent single X-Ray Visions, avant de revenir en rappel avec deux chansons dont l’excellente Spacegrass. C’est passé très vite, un concert intense qui a semblé très court.

Mention spécialement nulle aux gorilles de service qui passaient leur temps à chercher des gens qui avaient l’air un peu trop éméchés pour les jeter dehors. Un service de sécurité anti-rock’n’roll, dénigré par les métalleux locaux.

Grille de chansons Clutch

  1. Burning Beard
  2. Decapitation Blues
  3. Crucial Velocity
  4. Noble Savage
  5. The House That Peterbilt
  6. Sucker for the Witch
  7. The Face
  8. A Quick Death in Texas
  9. The Soapmakers
  10. Firebirds!
  11. Cyborg Bette
  12. Power Player
  13. Passive Restraints
  14. Cypress Grove
  15. X-Ray Visions

Rappel

  1. Spacegrass
  2. The Wolf Man Kindly Requests…

 

Electric Worry

Quelle belle journée. La route est magnifique, légèrement bordée de neige, traversant les montagnes boisées colorées par l’automne. Nous filons tels des goélands du rock au volant d’une superbe Dodge Monaco de 1969, et soudain plus rien. Plus d’électricité. Malgré les efforts du capitaine, rien à faire, la bête ne démarre plus. Deux Européens et une Canadienne en rade au bord de l’autoroute aux Etats-Unis, sans assurance…

img_20161031_180803Par chance, et grâce à Michelle, c’est le chanteur du groupe de death metal américain Origin qui nous sauvera, en nous faisant profiter à distance de son forfait remorquage. Mais le téléphone s’éteint. Il faut jouer de trois intermédiaires sur Facebook pour retrouver le contact avec notre sauveur. La nuit tombe, le froid envahit la voiture sans chauffage, les torches de détresse allumées par un policier s’éteignent, alors qu’arrive enfin la dépanneuse. Mais il manque une place dans le camion, et il faut appeler un taxi qui va nous coûter un bras pour la troisième personne. Après négociations difficiles, le conducteur accepte finalement de nous embarquer tous dans le camion, illégalement. Une décision sûrement motivée par sa femme enceinte l’attendant à la maison, qui a du le convaincre de faire une exception pour régler cette affaire rapidement.

Il nous dépose à un garage juste à côté de la salle de concert, dans laquelle nous nous ruons pour attraper la moitié du concert de Zakk Sabbath, pouvant à peine y croire. Alors que la soirée à bien failli se terminer dans une station essence au milieu de nulle part. Comme quoi, il faut toujours garder espoir.

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