De Flore
Entrevue Publié le

Comment la formation gratuite du CASE a enraciné le projet musical De Flore

Le Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat (CASE) donne aux artistes et travailleurs culturels, déjà formés dans leur discipline, des outils performants afin qu’ils puissent vivre de leur art. La période d’inscription pour la prochaine session de formation (gratuite) en représentation artistique se termine le 11 septembre prochain. Sors-tu.ca a eu l’occasion de discuter avec Mathieu Gauthier, qui ne tarit pas d’éloges à l’égard du programme, et dont le projet musical De Flore a grandement profité de celui-ci.

Mathieu Gauthier n’en est pas à son premier groupe. Mais avec De Flore, un duo de chansons folk-soul métissées que complète Sarah Lacombe, il avait l’intention d’en faire un projet plus structurant.  À l’issue de plusieurs centaines d’heures de formation, de suivis individuels et de rencontres avec des experts de l’industrie culturelle locale et aussi internationale, il s’estime désormais mieux outillé pour mener son projet de façon plus précise et concrète. « On s’en va en studio enregistrer un premier EP, si tout va bien en septembre, nous raconte-t-il au bout du fil. On bosse vraiment fort là-dessus. C’était un bon timing de faire la formation du CASE. Ça se calait en même temps qu’on donnait un gros coup sur le projet. »

C’est un ami artiste du duo, Monsieur Raph, qui a conseillé à Mathieu Gauthier de s’intéresser au CASE. « Dès qu’il m’en a parlé, j’étais pas mal convaincu. Et tout de suite, Sarah et moi on imaginait notre projet De Flore, on se voyait travailler là-dessus concrètement. Ça nous a permis de bosser sur notre projet comme il faut. »

La formation du CASE se distingue des résidences artistiques, par exemple, où l’artiste est appelé à travailler sur ses oeuvres. Avec le CASE, l’artiste doit déjà avoir en main ses chansons, ses compositions, son approche.  « C’est pour essayer d’apporter de la clarté dans tout le reste, ce qui est vraiment flou, ce qui est comme un vrai mystère pour les artistes », précise-t-il.

Le CASE, c’est une démocratisation du savoir pour comprendre comment développer ton projet concrètement. C’est bien, surtout pour la relève qui peut souvent tourner en rond, qui arrive souvent sur des dead-ends. Souvent les artistes émergents, on est mal informés, l’information est difficile à trouver. Ça me donne l’impression qu’on a épargné plusieurs années de travail dans le vide, grâce à la formation…

 

La transparence pour relever les défis adéquatement

« Ce qui est vraiment bien du CASE, c’est que ce n’est pas du monde random qui te parlent. Ce sont des gens chevronnés qui ont fait un parcours dans le milieu, il y a donc réellement une transmission du savoir et de l’expérience vers le bas. C’est rare, surtout en musique.»

N’allez pas croire pour autant que les professionnels du CASE peignent un portrait rose de la situation difficile des artistes. Pas question de gommer la vérité : une carrière artistique n’est pas le chemin facile. Raison de plus pour l’aborder avec lucidité et sérieux. « On sait qu’il y a de moins en moins de cash, les artistes émergents sont appelés à tout faire eux-mêmes. Se retrouver en compagnie d’une quarantaine d’artistes qui vivent les mêmes choses que toi, et des gens expérimentés qui te donnent des réponses honnêtes, franches, c’est vraiment un cadeau précieux. »

Mathieu et sa collègue Sarah ont suivi la formation ensemble, ce que le principal intéressé recommande vivement. « Parfois, on comprenait les choses différemment, on pouvait débriefer après, en jaser sur la route, dans notre local. C’est le genre de truc que tu as toujours dans la tête. Ça prend d’assaut ta vie, un peu comme la musique en général. Ça renforce les liens à l’intérieur du groupe même. »

Pour l’instant, De Flore n’a qu’un teaser à proposer, pour donner une idée du son du projet, après avoir fait quelques spectacles.

Mais voilà une autre chose apprise au CASE : comment gérer son temps, ne pas précipiter la création et surtout sa mise en marché. « On parle beaucoup de comment les artistes peuvent gérer leur temps. On se fait suggérer quelque chose qui est à l’opposé de ce que la société nous suggère. Ils nous proposent une autre manière de voir le temps, et ça nous affecte, ça change notre démarche. Il y a beaucoup de philosophie, des grands concepts. »

En suivant ces conseils, De Flore prend le temps qu’il faut pour enregistrer son EP avec Guy Kaye à la réalisation et au mixage audio, dans un petit studio dans l’Est ontarien nommé La Piaule. Ce sont les frères Levac, de Pandaléon (notamment), qui opèrent le studio en question. « Ça va aller au printemps/été 2019 pour la sortie du EP, et c’est aussi à ce moment qu’on va vraiment faire plus de spectacles, avoir plus à partager. »  Le duo espère lancer un premier single au début de l’hiver 2019.

Pour plus d’informations au sujet du CASE et de ses formations pour artistes, rendez-vous par ici.

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* Cet article a été produit en collaboration avec Le Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat (CASE)
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