CO/R
Critique Publié le

CO/R – Gudrun (****) | Nouvelle collaboration pour Joy Orbison et Herron

CO/R - Gudrun CO/R Gudrun

Avec quatre nouveaux morceaux fraîchement lancés sous la prestigieuse maison de disque anglaise Hinge Fingers, CO/R se veut comme le retour de Peter O’Grady (Joy Orbison), mais avec une sonorité plus sombre et viscérale. Gudrun est lourd, puissant, bien produit et oscille entre cette mince ligne que Joy Orbison manie toujours à merveille, celle qui crée un univers entre le bruitage, les textures et la musique dansante de soirées endiablées.

Gudrun est un album qui varie entre le garage, le tech-house, le techno et les ambiances sonores. Assez sombre, l’oeuvre possède quand même la touche d’Orbison sur son ensemble.

Vers la fin 2009, alors que le dubstep de première génération (DMZ, Mala, Coki, Skream) laisse place à l’innovation pour les prochaines générations de producteurs, il se trame quelque chose dans les rues de Londres. Pendant que, du côté de Bristol, les sonorités semblent fortement influencées par le côté purple et coloré des synthés à la Julio Bashmore, plusieurs producteurs travaillent à en créer une plus sombre, à Londres. C’est à cette période qu’on retrouve justement les premières apparitions de Joy Orbison, producteur qui se veut aujourd’hui comme une référence de la musique électronique de la dernière décennie.

Propriétaire de son propre label, Hinge Fingers, O’Grady fait paraître Gudrun sur ce dernier, un nouveau EP de CO/R unissant la force de Herron et de Joy Orbison pour un voyage dans les décors les plus sombres.

Trip de son

Partons sur cette note. Le premier projet de CO/R est un album à écouter sur de bonnes enceintes, avec un volume sonore adéquat pour saisir toutes ses subtilités. On parle de quatre chansons qui sont dansantes, mais dont certaines sont composées sur une rythmique plus lente, tandis que d’autres sont difficilement discernables, vue l’utilisation extrêmement syncopée des percussions.

Malgré son côté dansant, ses basses puissantes et ses synthés enivrants, Gudrun ne se veut pas comme un  projet « dancefloor focus ». C’est plutôt à écouter fort, dans de bons écouteurs pour être prêt à faire le voyage, pour saisir l’ambiance des textures sonores et du portrait global sombre et noir, comme celle dans laquelle ce projet a été créé.

Un goût qui se travaille

Malgré le genre, il ne s’agit pas non plus de bruitage de sons venus d’une autre dimension. CO/R reste du Joy Orbison, simplement plus mature, plus introspectif et plus intelligent par sa production. On ne peut pas non plus facilement dire que le projet plaira au premier venu. Une certaine touche d’incompréhension sera sans doute perçue aux premières écoutes, mais Gudrun reste un EP à apprivoiser, si vous n’êtes pas un habitué de ce genre musical, ou à dévorer, si vous êtes prêts à être transportés ailleurs.

Artistes
Villes
Salles

Vos commentaires