Cirque du Soleil - Corteo
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Corteo au Centre Bell | Entre onirisme et surnaturel

Le remaniement du déjà célèbre spectacle Corteo du Cirque du Soleil est de retour à Montréal, cette fois au Centre Bell. Mauro, personnage clownesque aux allures de grand-père aux joues roses, assiste à ses propres funérailles où se relaient acrobates, danseurs, chanteurs et personnages tout droit sortis d’un rêve inspiré de la Commedia Dell’Arte et des cirques ambulants du 19ème siècle.


 

Qui dit Cirque du Soleil, dit costumes et maquillages déjantés, musique composée avec brio, numéros plus créatifs les uns que les autres et une perpétuelle envie de s’avancer toujours plus loin sur le bord de sa chaise. Le spectacle, dont le nom signifie cortège en italien, avait été présenté pour la première fois en 2005, sous le légendaire chapiteau bleu et jaune de la compagnie.

Des chandeliers-trapèzes ont ouvert le bal, montrant encore une fois cette habileté artistique à fondre objets et instruments de cirque, dans une fusion non seulement esthétique, mais donnant de nouvelles possibilités d’exploitation aux acrobates. En plus des classiques barres horizontales composant un trapèze, les caractéristiques chaînes de cristal de ces lustres permettaient aux trapézistes de s’y accrocher.

Un autre objet magnifiquement intégré était le lit, transformé entre autres en trampoline. L’ambiance de fête, d’allégresse, malgré le thème sombre des funérailles, et cette atmosphère enfantine relayée par des acrobates on ne peut plus professionnel créait une dichotomie très appréciable entre le danger des performances et la légèreté émotionnelle de la mise en scène.

Les clowns portent souvent une grande part des spectacles du Cirque du Soleil et assurent toujours des intermèdes comiques, sans lourdeur, augmentant ainsi l’anticipation du prochain numéro, qui finit par être toujours plus impressionnant que le précédent.

La musique, chantée en français, en italien et en espagnol, incluait majoritairement de l’accordéon, des cuivres, des percussions latines, du violon et de la guitare espagnole. La partie vocale de la performance musicale était divisée entre un homme à la voix de baryton et une femme, chantant parfois seuls, parfois ensemble, créant une ambiance d’autant plus onirique vu leur capacité à interpréter tant le drame que la légèreté aérienne des anges, personnages omniprésents du spectacle.

Les numéros de jonglerie ne sont généralement pas ceux qui marquent le plus un spectacle vu les restrictions de mouvements pendant l’acte, mais la chorégraphie brillante interprétée par ces trois artistes-jongleurs aura suffi à marquer les esprits. S’échangeant quilles et anneaux, tant en duo qu’en trio ou en solo, ils se mouvaient sur scène en faisant voler leurs instruments, le tout avec une aisance déconcertante.

Un main à main des plus impressionnants, où force, grâce et témérité se sont alliés pour se terminer dans un nuage de paillettes dorées annonçant la fin du spectacle. Le numéro final, réunissant tous les artistes était un bijou en terme de créativité. Une croix de matelas était formée par terre, et au-dessus étaient posées des barres, non pas symétriques, mais asymétriques. Les acrobates se balançaient en-dessous et par-dessus l’installation, échangeant leurs places, se retrouvant parfois à être deux sur la même barre.

Un tonnerre d’applaudissements a tonné à la fin de la représentation. Une chose est sûre, avec ce spectacle, le Cirque du Soleil a su créer un univers unique, où la musique prend une place aussi importante que les performances acrobatiques et clownesques, créant ce mariage parfait entre onirisme comique et prouesses quasi-surnaturelles.

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