Jason Bajada
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Coup de coeur 2016 – Jour 2 | Catherine Durand et Jason Bajada : Quand l’intensité est douce

En ce vendredi, deuxième journée du festival Coup de coeur francophone, le Lion d’or s’est offert un spectacle des plus mélodieux et une soirée de rentrées montréalaises de surcroît! Tour à tour, Catherine Durand et Jason Bajada ont présenté quelques-unes de leurs compositions dont plusieurs chansons plus récentes, tirées respectivement de La pluie entre nous (septembre 2016) et Volcano (février 2016). Retour sur un concert tout en douceur, mais tout à fait intense.

Catherine Durand: Chansons tristes, chanteuse heureuse

Lorsque Catherine Durand fait son apparition sur scène, sous une pluie d’applaudissements, la salle est plongée dans une obscurité quasi-totale. Un seul faisceau lumineux éclaire son visage, lorsqu’elle entame les premières notes de Coeurs migratoires. Il est alors 20h et déjà, l’ambiance feutrée du cabaret et la musique de Durand forment un heureux mariage. Une douce façon de débuter une soirée qui aura parfois des allures un peu plus rock, parfois un peu plus pop. Au deuxième morceau, Jean-Luc Huet (basse, claviers) et José Major (batterie), ses complices de la soirée viennent la retrouver sur scène.

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Après les premières pièces, la chanteuse avouera à son public qu’elle est très heureuse de se retrouver sur scène, mais que ses musiciens et elle sont également très fébriles. Comme La pluie entre nous est paru en septembre dernier, ils ont eu très peu d’occasions de jouer les chansons sur scène, mais elle nous rassure tout de suite, « on les a pratiquées! ». Et ça paraît. Il n’y avait visiblement pas de quoi s’inquiéter puisqu’ils nous ont offert une performance pratiquement parfaite.

Même si la plupart des chansons de la chanteuse sont tristes, on comprend bien vite, à voir Catherine Durand sur scène, qu’elle ne compte pas de mensonge lorsqu’elle lance : « J’ai une tendance à écrire des chansons tristes, mais ne vous en faites pas, je vais bien ». Difficile de ne pas la croire, lorsqu’on la voit s’amuser sur scène, visiblement dans son élément.

Ce qui est intéressant, aussi, c’est la façon dont ses compositions ont été adaptées pour le spectacle. D’ailleurs, les morceaux comme Le temps presse, Je vais rester ou Mon bateau trouvent sur scène, une dimension nouvelle. Le contraste entre les propos se fait parfois à travers l’interprétation musicale, grâce à la lourdeur de la batterie, de la guitare ou des claviers, mais également par le jeu d’éclairage qui est carrément aveuglant, par moment.

En somme, Catherine Durand et ses musiciens ont offert une solide prestation de près de 75 minutes. Une merveilleuse façon de commencer une fin de semaine!

Jason Bajada: Dans la langue de Molière et de Shakespeare

Vers 21 h 35, c’est finalement au tour de Jason Bajada de faire son entrée sur scène. Un peu comme Catherine Durand, il arrive seul, avec sa guitare et son harmonica, et il donne rapidement un ton humoristique à la soirée. « Ça va? Allô! D’habitude, je parle pas au début… Je m’excuse en avance, mais je vais commencer mon spectacle à Coup de coeur francophone avec des chansons en anglais… they warm my voice! » C’est ainsi que, devant une foule visiblement amusée, l’auteur-compositeur-interprète entame les premières notes de la chanson How’d my Heart Get Caught? de l’album The Sound Your Life Makes (2011). Un exercice qui, dès les premiers instants, permet d’apprécier à sa juste valeur la voix du chanteur.

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Tout au long de la soirée, Bajada a proposé un savoureux mélange de chansons et d’échanges en anglais et en français. Les arrangements des pièces pour la scène ont également beaucoup attiré l’attention. Pour certaines, le tempo était plus rapide que sur la version de l’album. On pense entre autres à Pékin (les amitiés) où la guitare était plus intense, la batterie, plus puissante, ce qui nous amène à nous demander à quand la sortie d’une version live de cette chanson! Mention spéciale également à Demain vendredi qui avait un côté beaucoup plus rock que sur l’album, une performance qui est loin d’être déplaisante. Chacun des musiciens qui partageaient la scène avec Bajada a su se démarquer dans l’une ou l’autre des chansons. Bref, du bonbon pour les oreilles!

Quand Bajada rencontre Bélanger

Après avoir offert plusieurs de ses compositions, Jason Bajada a partagé avec le public du Lion d’or sa rencontre récente avec Daniel Bélanger. L’occasion idéale d’envoyer un petit clin d’oeil à toutes les discussions qui ont suivi le Gala de l’ADISQ de dimanche dernier : « J’ai croisé Daniel Bélanger pour la première fois… et il était en jogging! On parle beaucoup de linge dernièrement. Lui, il était en jogging, ok Safia! » Après avoir raconté cette anecdote, il y est allé d’une sublime reprise de La folie en quatre. En fermant les yeux, on pouvait très bien s’imaginer être dans la foule, à un concert de Daniel Bélanger, tellement la ressemblance entre les deux voix était frappante. C’était à s’y méprendre.

Vendredi soir, tant Catherine Durand que Jason Bajada ont offert des performances remarquables sur scène, là où la douceur des morceaux de leurs albums étaient parfois amenés à une intensité nouvelle, plus rock. Un succès de la toute première note à la dernière.

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