Coups de coeur
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Coups de coeur à la TOHU | Le meilleur du cirque d’ici et d’ailleurs

Pour la toute première fois cette année, et ce dans le cadre de Montréal en lumière, la TOHU nous offre ses Coups de cœur, soit un enchaînement de neuf numéros circassiens représentant – du moins c’est son intention – le meilleur du cirque d’ici et d’ailleurs dans le monde. Les artistes du cirque conviés à cette célébration n’ont donc que quelques minutes pour convaincre le public qu’ils sont les meilleurs, chacun dans une discipline différente.

Dans une configuration de scène à l’italienne, la soirée s’ouvre avec un duo de l’École nationale de cirque, Jérémi Lévesque et Vincent Jutras, qui ont connu quelques ratés hier soir sur la planche coréenne (une sorte de balançoire), mais réussi tout de même quelques figures époustouflantes.

Photo par Roland Loren.

Jérémi Lévesque et Vincent Jutras. Photo par Roland Loren.

Par contre, la Suissesse du Cirque Éloize, Emi Vauthey, avec son numéro de la discipline tissu, n’apporte franchement rien de jamais vu. C’est regrettable à dire, mais ces deux ruches québécoises n’ont pas démontré le meilleur de ce que les artistes circassiens d’ici sont capables d’accomplir.

C’est un Français, Jimmy Gonzalez, qui a véritablement fait lever le show avec son numéro de jonglerie avec argile. Ça, c’est du jamais vu. Camisole bourgogne dévoilant sa musculature et pieds nus, il a une présence sur scène d’un charisme irrésistible, agile comme un danseur, souple comme un acrobate. Son numéro, chaudement applaudi, est tout à fait original.

Pendant que la piste est préparée pour le numéro suivant, le metteur en scène, Fernand Rainville, a décidé de présenter une courte vidéo, du genre vox pop, où l’animateur de la soirée, Sébastien Soldevila des 7 doigts de la main, questionne dans des lieux publics des badauds qui ne connaissent absolument rien du milieu du cirque, sauf bien sûr le Cirque du Soleil. Le résultat, prévu pour être drôle, est douteux. D’ailleurs, l’humour de l’animateur est également douteux, alors qu’il se promène dans le public entre les numéros en ne s’adressant qu’à des hommes, avec des « mon biquet » par-ci et des « qu’est-ce qu’il est beau » ou « mignon » par-là.

Suit un numéro d’une compagnie de Québec, Les oiseaux du paradis, avec Elsie Morin et Mathieu Roy, dans la discipline du mât rotatif, avec une technique qu’ils ont eux-mêmes mise au point. Elle en rouge, lui en noir, ils composent agrippés à ce mât des figures complexes à l’horizontale qui défient la gravité. Très applaudi aussi, le tandem hongrois Recirquel. Elle, se déplace debout sur un gros ballon en roulant avec adresse. Lui, adossé à un support, jongle avec ses pieds et ses mains en même temps, ce qui demande une coordination inouïe.

 

Un extrait du prochain Cirque du Soleil

Une primeur du prochain spectacle du Cirque du Soleil, Luzia, dont le chapiteau s’installera au Vieux-Port à compter du 21 avril, nous attend ensuite. Ugo Laffolay, qui est d’origine française, tout en rouge, nous offre un numéro d’équilibre sur cannes à couper le souffle. Les cannes s’ajoutent les unes au-dessus des autres, jusqu’à très haut. Vraiment spectaculaire.

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Le duo Kiebre. Photo par Chantal Droller.

De Québec aussi, la compagnie Flip Fabrique, avec Jade Dussault, présente un numéro de hula hoop réussi, mais sans plus. Rien à voir avec le surprenant tandem d’Amérique du Sud, Duo Kiebre, dans la discipline des sangles aériennes, qui se produit pour la première fois à Montréal. Ça prend une force vraiment extraordinaire de la part du Colombien pour soutenir avec ses dents la sangle qui le relie à l’Uruguayenne dans un mouvement de rotation qui la soulève du plancher de la scène.

Enfin, la soirée se termine haut en couleurs africaines et en rythme irrésistible avec la compagnie Productions Kalabanté de Guinée, elle aussi pour la première fois à Montréal. Ils sont cinq, quatre gars et une fille qui, elle, propose entre autres un numéro de contorsionniste très applaudi. Vêtus seulement d’un pagne, les membres de la troupe se livrent à des danses tribales dans lesquelles ils insèrent des sauts arrière et des mouvements rivalisant d’audace et de dextérité au son du tam tam. À un moment donné, les quatre gars, l’un montant sur les épaules de celui qui précède, forment une échelle humaine d’une hauteur vertigineuse. Seul défaut, on en aurait pris davantage.

Travail, travail, travail, et passion, sont les deux mots qui définissent le mieux les prouesses et les défis incroyables que réussissent à accomplir, soir après soir, ville après ville, les artistes du cirque, ce qui force l’admiration.

Coups de cœur est présenté seulement deux fois encore, soit aujourd’hui samedi à 14h00 et ce soir à 20h00, à la TOHU.

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