Arthur Comeau
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Critique album | Arthur Comeau – 3/4

Arthur Comeau - 3/4 Arthur Comeau 3/4

Pendant que Radio Radio préparait son album de party Ej Feel Zoo, lancé en mars, son membre le plus volage (et le plus pété) partait en sens inverse dans les sentiers de travers. Un peu beaucoup éparpillé, ce premier album solo de Comeau est un ovni musical (plein de) stupéfiant(s) qui a le mérite de pousser l’expérimentation et la liberté au lieu de chercher à plaire en terrain connu. 

Quand Radio Radio avait lancé Havre de grâce au printemps 2012, les avis étaient pour le moins partagés. Plusieurs étaient décontenancés par l’étrangeté de l’album, qui n’avait rien de l’accessibilité de Belmundo Regal. Des pièces comme Roulez, commencez ou Feng Shui / Everyday Life en rebutaient quelques-uns, alors que d’autres appréciaient l’audace, la production rugueuse et les références culturelles plus underground.

Pour les premiers, bonne nouvelle : Radio Radio est revenu à une approche plus catchy que jamais. Pour les autres, Arthur Comeau fait maintenant cavalier seul, et s’éclate à sa manière. Des effluves de jazz, de musique du monde, d’électro-dance et de funk se font entendre ici et là dans ces chansons libérées du formatage pop.

Karim Ouellet vient faire son tour sur Allergic à la Jinxx, sans doute la meilleure et la plus « pop » du lot. Pas assez pour faire son chemin aux radios commerciales, mais tout de même un bon point de départ pour apprécier l’album. C’est sans contredit la plus achevée du disque.

L’ennui, c’est que Comeau n’a jamais été le meilleur rappeur des trois (même s’il est plutôt doué), ni le personnage le plus… focus. On le sent un peu trop sur son nuage cannabique – ou « reinque trois quart fuké tight », comme il le dit – , il faut probablement en fumer un beau gros pour le rejoindre dans son monde et connecter à 100% avec l’album. Et plusieurs de ses bonnes idées s’étirent un brin, mais c’est le prix à payer pour tenter l’expérience d’une oeuvre aussi iconoclaste. 

Quoi qu’il en soit, Arthur Comeau brasse des idées, explore des thèmes – on pense reconnaître un champ lexical vaguement marin ?  –  et c’est déjà ça de gagner. Il suffirait d’un petit ménage, d’une direction artistique plus claire pour diriger le tout, et les tounes flyées de Comeau pourraient avoir encore plus d’impact. Sur un prochain disque, peut-être… En attendant, il y a de quoi se réjouir : le hip-hop acadien n’est pas fait que de hits radio, il a désormais aussi un représentant plus alternatif.

À écouter : Allergic à la Jinxx, Es-tu paré?, Trois quart, Land of the Rising Sun.

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