Broken Bells

Critique album | Broken Bells – After the Disco

Broken Bells - After the Disco Broken Bells After the Disco

Sur papier, une formation née de l’union de James Mercer (leader de The Shins) et de Brian Burton (aka Danger Mouse) peut en masse se targuer d’avoir tout ce que ça prend pour être fabuleuse. Plate que sur After the Disco, Broken Bells sonne simplement comme un résumé musical de l’année 2013.

Un résumé de 2013, en 2012, ç’aurait été avant-gardiste et ravigotant, mais rendu en 2014, c’est juste « meh ».

Bon, ce serait réducteur que de dire qu’il s’agit d’une œuvre rien que « meh ». D’emblée, il faut savoir qu’il s’y trouve deux pièces qui pètent la ligue.

–     Holding On For Life, genre d’hymne sombre qui compile trois décennies en 4 minutes. Le folk limite psychédélique des 70’s, les claviers et la voix de Bee Gees des années 1980, puis une fin grunge à la 1990.

–     Leave It Alone, ballade aux traits de soul (ç’aurait pu être écrit par Bill Withers et ç’aurait été crédible) qui ne se décrit que par OUI. Un gros OUI tonitruant.

Une fois ces deux pièces tassées par contre, on se bute à quelques inconvénients assez majeurs.

 

Le disco, z’êtes pas les premiers à y penser, les gars.

Irritant numéro un, comme l’indique le titre, on y trouve du disco. Le problème n’est pas du tout que le disco est mauvais, jamais. Ce qui fait soupirer, c’est que depuis le succès de Random Access Memories, et les derniers simples de Chromeo, et le dernier album de Holy Ghost!, et plein plein d’autres manifestations, TOUT LE MONDE sait que le disco va déferler sur l’univers musical dans un avenir très rapproché.

Les groupes le moindrement opportunistes l’ont saisi et commencent déjà à user le concept. Alors quand Broken Bells débarque avec la pièce-titre pleine de paillettes After the Disco, on n’a pas l’impression d’écouter quelque chose qui a été composé par les deux visionnaires que sont d’ordinaire Mercer et Burton. On dirait plus qu’ils sont en retard sur le reste de la classe des surdoués.

 

Les surdoués n’ont pas le droit de décevoir.

Constat triste : Peut-être est-ce parce que Danger Mouse nous a tant habitués à la Qualité avec un grand Q que cet album moins flamboyant laisse plus froid.

Burton est un des rares artistes qui réussit à être partout depuis plusieurs années sans qu’on ne se lasse de le voir.

Pensons à son album avec Daniele Luppi, Rome, qui était un bonbon. Ou à son projet Danger Doom, en collaboration avec MF Doom. Ou au fait qu’il était la moitié de Gnarls Barkley, probablement la meilleure chose à arriver à la pop dans les débuts 2000 (écoutez cette version de Crazy pour vous en convaincre). Ou encore qu’il travaillait sur Gorillaz. Ou à son travail avec les Black Keys.

Bref.

Parlant des Black Keys, difficile de ne pas accuser le Burton d’avoir simplement dupliquer la formule qu’il a déjà utilisée en produisant El Camino tellement certains des arrangements se ressemblent.

Enlevez les touches d’orchestre et les synthés dans No Matter What Your Told et c’est une chanson des Keys.

Qu’importe, vous avez le droit de trouver l’album comme vous voulez. L’important c’est que vous écoutiez au moins Holding On For Life et Leave It Alone.

Faites-le.

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