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Critique album | Chvrches – Every Open Eye (****)

CHVRCHES - Every Open Eye CHVRCHES Every Open Eye

Deux ans après la sortie de son premier album, après d’innombrables concerts dans le monde entier et après s’être bâti une réputation de groupe qui s’attaque ardemment aux trolls et à l’intimidation en ligne – surtout celle à caractère sexuel, dont fut victime la chanteuse Lauren Mayberry – la formation écossaise Chvrches revient avec Every Open Eye, un disque pop extrêmement solide, celui d’un groupe qui connaît bien ses forces et qui sait les mettre en valeur.

Chvrches l’avait prouvé en 2013 sur The Bones of What You Believe : le groupe a un sens aigu de la mélodie, du refrain accrocheur. Et on retrouve ça encore une fois ici, mais à la puissance 10.

Never Ending Circles attaque les oreilles avec son rythme solide (faut écouter l’album à plein volume, avec beaucoup de basse), des samplings vocaux et des touches de synthés qui servent de trame de fond pour la voix aérienne et cristalline de Mayberry, qui chante avec plus de confiance et de résilience dans la voix que jamais. On est immédiatement emportés par la ligne mélodique que l’on arrive rapidement à fredonner.

On retrouve la même formule gagnante tout au long du disque. Leave a Trace et Keep You On My Side sont d’excellentes chansons pop qui démontrent bien le savoir-faire du groupe et dans lesquelles on perçoit plusieurs éléments d’inspiration des années 80. Ce dernier point est encore plus frappant avec Make Them Blue, dont les premières notes de synthétiseur ressemblent à une version sur l’acide de We Belong de Pat Benatar, tandis que le reste de la chanson (envolées de synthétiseurs, batterie frénétique, basse martelée) est un air rassembleur parfait qui aurait eu sa place sur n’importe quelle trame sonore de film inspirant des années 80, à la Rocky IV.

Aplomb et potentiel commercial

L’un des deux hommes du groupe, Martin Doherty, s’empare du micro pour la pièce High Enough to Carry You Over et livre une performance vocale très agréable, et la chanson s’avère un sympathique interlude.

Empty Threat est l’une des chansons qui a possiblement le plus grand potentiel commercial. La voix de Lauren Mayberry y est empreinte d’une force et d’une détermination qui n’étaient pas tout à fait présentes sur le premier disque et qui nous incitent à écouter plus attentivement, à prendre davantage au sérieux ce que le groupe a à offrir.

Chvrches s’impose définitivement sur ce disque comme une force de la pop actuelle. La performance vocale solide de la chanteuse, les paroles matures et la qualité du matériel dans l’ensemble, tous les ingrédients sont présents pour faire de cet album une valeur sûre.

Et, bien qu’il soit malheureux que Lauren Mayberry soit devenue par la force des choses, porte-parole contre la misogynie et les trolls sur les réseaux sociaux (à qui elle réplique avec véhémence, mais également avec beaucoup d’intelligence), l’expérience semble l’avoir rendue plus forte en tant que personne et artiste, et elle mord à pleines dents dans ces chansons, desquelles se dégage énormément d’aplomb et de sagesse.

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