Crystal Castles
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Critique album | Crystal Castles – III

Crystal Castles - III Crystal Castles III

Le duo torontois Crystal Castles recharge ses synthés et nous largue III (les espions-nés auront compris que l’évocateur titre fait référence au fait qu’il s’agit de leur troisième album), leur offrande la plus raffinée et la plus accessible à date.

Mais attention, nuance : accessible pour du Crystal Castles. L’aura glauque est toujours aussi (voire encore plus) présente et est appuyée de titres aussi empreints d’espoir et de bonhommie que Pale Flesh, Wrath Of God, Violent Youth et Plague (le premier single).

Cependant, ils nous offrent ici, rampant hors de la pénombre, les passages les plus pop de leur carrière. On parvient même presque (PRESQUE) à décrypter certains mots du discours d’Alice Glass, malgré l’habituelle épaisse couche de reverb et d’effets déformants dégoulinants des trames vocales.

Plus sombre que le premier album et mois agressif (agressant) que le second, III semble représenter l’aboutissement du son du duo.

Les synthés de Ethan Kath n’usent plus du tout des bruits 8-bit omniprésents en départ de carrière, laissant place à tout un attirail de sonorités rave et gothiques. Les percussions, de leur côté, se veulent exponentiellement plus lourde. Plutôt que le pot-pourri schizophrénique de drums intergalactiques comme sur des pièces antérieures (Alice Practice), Kath y va quasiment d’une inspiration hip-hop ; gros snares, bass drum digne de DJ Khaled. Des titres comme Pale Flesh et Affection feraient des tubes rap incroyables.

Mais mieux, ils font des bijoux dark wave de barjot.

L’album sonne comme si Baphomet se décolorait les cheveux dans un fumoir d’opium. Comme si quelqu’un implorait Dame Blanche dans un rave organisé par Joy Division.

S’il y avait un remake de Blade, Crystal Castles en ferait la bande originale. Mais III torche de manière monumentale n’importe quelle prestation de Wesley Snipes, si tout de cuir soit-il vêtu

Et pourtant le tout se termine sur l’enivrante comptine Child I Will Hurt You, fermeture sans percussions, où la voix d’Alice trône en pôle position, enveloppée de draps de claviers. Une ballade. Ce qui a première vue semble être une idée qualifiable de « pas tant bonne » s’avère se transformer en une chanson charnière.

Pour les non-fans du groupe, c’est une écoute obligatoire. Pour les fans du groupe, c’est une écoute obligatoire. Pour les autres, c’est une écoute obligatoire.

Est-ce une écoute obligatoire ? Obligatoire ce l’est, comme écoute.

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