Frank Turner
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Critique album | Frank Turner – Tape Deck Heart

Frank Turner - Tape Deck Heart Frank Turner Tape Deck Heart

Avec Tape Deck Heart, son cinquième album studio, l’auteur-compositeur britannique Frank Turner fait le saut vers l’étiquette majeure Interscope. Probablement une nouvelle approche pour conquérir le public nord-américain, mais est-ce que tous les ingrédients sont présents pour que l’Amérique tombe sous son charme ?

Eh bien, oui et non. D’emblée, il faut comprendre que Frank Turner est un demi-dieu du côté du vieux continent, et encore plus particulièrement en Angleterre, d’où il est originaire. Cette popularité l’a même mené à se produire au Wembley Arena devant une salle comble en plus d’avoir l’opportunité de faire partie de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2012.

Par ici, c’est plus tranquille… pour l’instant.

Sur Tape Deck Heart, donc, on retrouve d’emblée la très sympathique Recovery qui deviendra sans doute le clou de ses spectacles à venir (veuillez noter ici qu’il sera de passage à Osheaga cette année!). Elle dégage l’intensité du chanteur folk/punk à la perfection et est de loin la meilleure porte d’entrée pour ce nouvel opus.

Ensuite, The Way I Tend to Be est, disons le, pas loin d’une ballade, mais si bien présenté qu’elle trouvera facilement sa place au sein du top 5 de cet album.

S’enchaîne de superbe façon Plain Sailing Weather, une pièce merveilleusement bien présentée où l’on retrouve la fougue de Turner, cette même fougue qui a fait de lui un artiste bien reconnu tout autour du globe.

Du très bon… et du remplissage

Toutefois, un problème revient sur certains de ces disques : autant il nous livre des pièces qui pourraient se retrouver sur un Best Of, autant on retrouve certains morceaux qui pourraient facilement être retirés sans affecter la qualité du tout. England Keep My Bones, son dernier album paru en 2011, en est un très bon exemple, et Tape Deck Heart continue malheureusement dans la même lignée.

Broken Piano et The Fisher King Blues, par exemple, ne passeront certainement pas à l’histoire. Pas qu’elles sont mauvaises, mais elles ne trouvent pas vraiment leur place au sein de cet album, à l’enrichir par leur apport. C’est dommage puisque la première moitié du disque est plutôt solide, pour ensuite s’étouffer pendant la deuxième.

Monsieur Turner est un fanatique de l’écriture et il produit des albums à la même vitesse qu’un feu engouffre une maison de paille. Peut-être devrait-il tout simplement patienter un peu entre chaque album afin de nous offrir un produit de qualité qui s’écoute bien de long en large ?

Bref, les fans se sentiront en terrain connu avec Tape Deck Heart et seront bien heureux de retrouver quelques-unes de ces pièces en spectacle. Mais si l’objectif était de conquérir le public nord-américain, l’opération séduction est plus ou moins réussie avec un produit qui manque un peu de peaufinage.

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