Glen Hansard
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Critique album | Glen Hansard – Didn’t He Ramble (***)

Glen Hansard - Didn't He Ramble Glen Hansard Didn't He Ramble

Depuis près de 25 ans, Glen Hansard fait aller ses doigts sur sa Takamine trouée et entonne de sa voix torturée des chansons qui possèdent une signature unique, un genre de romantisme ampoulé entremêlé de réflexions profondes et très personnelles. Sur son deuxième album solo, Didn’t He Ramble, l’ancien leader du groupe The Frames se fait encore plus introspectif qu’avant et prodigue un brin de sagesse à travers des chansons qui jettent un regard positif sur la vie.

Que ce soit dans The Frames, au sein de The Swell Season, en tant qu’acteur principal dans le film Once (et compositeur des pièces du film ainsi que du spectacle musical qui en fut tiré), ou en tant qu’artiste solo, Glen Hansard nous a habitués à un certain dramatisme, disons même à un côté geignard qui plaît à ses amateurs, mais qui pourrait rebuter plus d’une personne.

Et c’est ce qui surprend d’emblée sur Didn’t He Ramble : le chanteur irlandais de 45 ans semble avoir acquis une certaine sagesse, une grande maturité qui lui permettent de voir les choses de manière légèrement différente, moins dramatique qu’auparavant.

Winning Streak, une chanson positive s’il en est une, est un parfait exemple de cela. Sur une ballade à saveur country, Hansard chante ses encouragements à un ami. Sam Beam (Iron & Wine) l’accompagne sur les chœurs dans le refrain, et le résultat est l’une des chansons les plus réjouissantes de Glen Hansard.

Selon des entrevues avec l’artiste, Her Mercy est son hommage à l’un de ses héros, Leonard Cohen. Cette magnifique pièce est jouée principalement à la guitare électrique, et elle culmine lentement vers une finale explosive, avec cuivres, chœurs et la voix puissante et émotive de Hansard, tous ces éléments conférant un aspect gospel à la chanson. Celle-ci reste longtemps en tête et devrait certainement devenir un classique lors des concerts du chanteur.

Les racines irlandaises du chanteur se pointent le bout du nez sur McCormarck’s Wall, une ballade piano-violon à saveur traditionnelle, qui démontre bien les capacités de l’artiste à écrire des airs intemporels et qui s’inscrivent dans la tradition de ses ancêtres.

 

Un peu moins de mordant

Au fil de l’album, on regrette un peu l’intensité de certaines chansons que l’on retrouvait sur son disque précédent, telles que High Hope et Bird of Sorrow. Le regard de Hansard est aujourd’hui plus posé, moins rancunier que par le passé, ce qui est tout à son avantage. Par contre, cela donne un album moins mordant dans l’ensemble, un peu trop sage.

Il y a bien un peu de l’ancien Glen sur My Little Ruin, une chanson de regrets qui aurait pu avoir sa place sur l’album Strict Joy de The Swell Season. Musicalement c’est joli, avec son enchevêtrement de guitares acoustiques et de cordes, et la voix de Hansard est pleine d’émotions.

La réalisation de Thomas Bartlett permet aux chansons de Hansard de demeurer simples, tout en leur insufflant un peu d’originalité avec des cordes ici, des cuivres là, et, comme sur Just to be the One, un solo de flûte qui se juxtapose superbement à une mélodie jouée par un cor.

Glen Hansard n’est plus un jeune premier, et n’a plus de preuves à faire. Son succès fut assuré il y a près de dix ans avec le film Once et son Oscar de la Meilleure Chanson (Falling Slowly). Depuis, le troubadour moderne tente de se redéfinir à chaque nouvel album, et Didn’t He Ramble est une pierre de plus à une carrière musicale qui foisonne de chansons qui, un jour sûrement, seront perçues comme des classiques.

S’il n’a plus le mordant d’un artiste qui crève de faim, Glen Hansard prouve toutefois ici qu’il n’a rien perdu de son immense talent à construire de magnifiques chansons inspirantes, introspectives et intemporelles.  C’est peut-être juste un tout petit peu trop gentil.

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