Janelle Monáe
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Critique album | Janelle Monàe – The Electric Lady

Janelle Monáe - The Electric Lady Janelle Monáe The Electric Lady

Si l’ère des Jackson est révolue depuis longtemps, les amateurs de pop inspirée de R&B et des belles années de Motown n’ont rien à craindre : Janelle Monàe est là pour sauver le monde (de la pop). L’Archandroid se présente ici sous les traits d’une Electric Lady enthousiasmante, ultra-talentueuse et vraiment bien entourée sur un album génial, malgré quelques longueurs (à 19 pistes, on pouvait s’y attendre).

Une condition s’impose pour apprécier The Electric Lady à sa juste valeur : ne cherchez pas de hit à la Tightrope.  L’album regorge de bonnes chansons, de vers d’oreille, d’explosions rythmiques, de funk, de soul, d’afro-lounge et d’arrangements somptueux. Mais un gros hit qui se retrouvera dans les pubs ? Rien de tel ici.

Le plus près, ce serait Dance Apocalyptic, que la jeune dame a interprétée avec vigueur (le mot est faible) chez David Letterman plus tôt cette semaine.

Ce n’est pas pour rien que le grand manitou du talk-show de fin de soirée l’ait qualifiée de « hardest working woman in showbusiness ». Et il en a vu d’autres, monsieur Letterman.

Mais ça, on le savait déjà. Ses concerts à Osheaga 2011 et ensuite, en pré-ouverture du FIJM 2012 en ont fourni la preuve de façon éloquente. Le tour de force, c’est de transmettre cette énergie sur disque, un petit miracle réalisé sur The ArchAndroid en 2010. Et force est d’admettre que c’est tout à fait le cas, une fois de plus, sur Electric Lady.

Si Monàe est elle-même une chanteuse (et entertainer) hors pair, une grande partie du mérite revient ici à son band : des musiciens de haut calibre qui semblent à la fois branchés sur le 220, mais aussi liés sur la même longueur d’onde. Le guitariste Kellindo Parker, notamment, s’illustre sur plusieurs pistes (Ghetto Woman, notamment). Mais en général, c’est la richesse de l’instrumentation qui ajoute à la profondeur de l’album, surtout si on le compare aux productions du genre qui reposent davantage sur des beats programmés et de l’échantillonnage.

La liste d’invités de Janelle Monàe a aussi de quoi faire saliver : les maîtres Erykah Badu et Prince viennent prêter main forte, mais aussi quelques contemporains tels que Solange, Miguel et Esperanza Spalding. L’apport de Badu s’avère presque superflu sur Q.U.E.E.N., une chanson rythmée à la Janet Jackson déjà très bonne à la base, avant que n’intervienne la vétérante homologue. On aurait pu couper avant l’arrivée de Badu, ça n’aurait rien enlevé à l’attrait de la chanson. Mais la présence de Prince sur la deuxième piste (et première vraie chanson) du disque, la bien-nommée Give Them What They Want, frappe droit dans le mille. Très bonne idée de lancer l’album avec cette piste, d’ailleurs.

Certains titres ralentissent toutefois la cadence, comme la « fromagée » Primetime (c’est ici que Miguel intervient), Victory (qui est tout de même une jolie chanson mid-tempo) ou encore Can’t Live Without Your Love. En fait, la fin du disque est plutôt décevante (à l’exception de l’excellente Dorothy Dandridge, avec Spalding), mais rien qui puisse nuire considérablement à la qualité de l’album en général.

Fortement recommandé, ne serait-ce que pour reprendre confiance en la pop, qui a été malmenée par tant de starlettes écervelées récemment. (Oui, on s’adresse à vous, mademoiselle Cyrus…)

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