Jean Leloup
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Critique album | Jean Leloup – À Paradis City

Jean Leloup - À Paradis City Jean Leloup À Paradis City

Truffé de personnages à la Don Quichotte, le nouveau Leloup a tout d’un album posé et serein, à l’image de l’artiste lui-même qui semble plus groundé que jamais. 

C’est ça le but de n’importe quel grand délire : c’est de te péter la gueule. Pis quand tu te pètes la gueule, tu pleures parce que dans le fond tu vois que t’as perdu ton temps… Ça existe pas,  Paradis City, l’endroit où tu vas arriver pis c’est la ville parfaite, le paradis. Ça n’existe pas.

C’est ça le thème de l’album : ce sont tous des personnages qui ont rêvé d’arriver à l’endroit où ce serait le bonheur, ce serait ça l’affaire. C’est pas vrai, tout est dans le chemin, tu comprends… Pis ils se sont pété la gueule.

Jean Leloup, en entrevue avec Sors-tu.ca lors de son lancement au Planétarium

Qu’il fait bon retrouver Jean Leloup, six ans après Mille Excuses Milady. On en a maintenant l’habitude : entre chaque album, il disparaît, part faire dieu-ne-sait-quoi, dieu-ne-sait-où, avant de revenir à la chanson quand on l’y attend le moins.

C’est qu’il ne voit pas la chanson comme un « métier ». Pour lui, c’est un passe-temps, un espace de ressourcement. Et lorsqu’il laisse le temps au temps, ça donne des chansons comme les dix qu’on retrouve sur À Paradis City, construites graduellement au fil des ans. Au fil des rencontres de gens plus grands que nature, qui se sont pété la gueule.

Il est question de temps, de vie, de mort, d’amour et de voyage. Il y présente Willie et ses « fucking soucis », Petit Papillon qui poignarde la morte, un ex qui reprend contact avec une ancienne flamme sur Les Bateaux et le Retour à la maison d’un alcoolique inguérissable.

Musicalement, rien d’explosif : tout est en retenu, en grooves modérés. Les compositions sont simplifiées, les arrangements soignés, les sons raffinés. On ne se trouve pas en pleine démesure, en trip d’égo, mais plutôt en subtilité et en humilité.

Il y a de la Vallée des réputations dans ce disque, avec un accent moins prononcé sur le country.  Et du beau violon sur Le Roi se meurt.

Les années Le dôme sont loin derrière, et il serait étonnant que Jean Leloup nous produise à nouveau un disque de cet ampleur, une collection de chansons marquantes à hisser au rang de classique. Il n’en demeure pas moins qu’À Paradis City est un digne chapitre de plus dans le riche héritage musical d’un de nos meilleurs.

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