Jewel
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Critique album | Jewel – Picking Up The Pieces (****½)

Jewel - Picking Up The Pieces Jewel Picking Up The Pieces

Il a souvent été dit que les meilleures chansons, voire les meilleurs albums, sont le résultat de peines d’amour. Et bien que Jewel nous ait offert son lot de chansons tristes au fil des années, la voici de retour avec Picking Up The Pieces, un disque intime marqué par le récent divorce de la chanteuse et qui pourrait bien être, jusqu’à présent, l’œuvre la plus accomplie de sa carrière.

Vingt ans après le succès de l’album Pieces of You, la chanteuse de 41 ans nous livre ici un disque qu’elle a réalisé elle-même, enregistré sans artifices, et qui voit l’artiste retourner à ses bases folk.

On y retrouve plusieurs pièces qui existent depuis longtemps dans le répertoire en concert de la chanteuse, telles que la magnifique Everything Breaks et Carnivore, toutes deux des chansons que les admirateurs de Jewel lui demandent d’enregistrer depuis les années 90.

Jamais n’a-t-on entendu Jewel chanter avec autant de sincérité et d’émotions que sur ce nouvel album.  On la sent fragilisée par sa récente rupture, et c’est le cas notamment sur la pièce d’ouverture, Love Used To Be. Cette poignante chanson, une montée dramatique constante marquée par une batterie quasi militaire, force Jewel à trouver une voix plus mature. Sa tristesse est palpable et sa voix, plus riche et nuancée que jamais, procure des frissons. Une chanson qui, selon la chanteuse, a demandé de nombreuses prises, car l’interprète ne cessait de fondre en larmes à chaque nouvel essai.

Retour sur des pièces de plus de 15 ans

Sur le plan musical, deux des pièces les plus intéressantes sont des titres écrits dans les années 90, His Pleasure is My Pain et Nicotine Love. Dans le premier cas, il s’agit d’une chanson éthérée qui mêle la guitare acoustique à du sitar, donnant l’impression que la chanson sort d’un rêve étrange.

Quant à Nicotine Love, elle met en vedette une section d’instruments à cordes qui accompagne la guitare acoustique, parfois de façon saccadée, parfois de façon déroutante. Ajoutez à cela un harmonica intermittent et l’un des textes les plus sombres écrits par la chanteuse et vous obtenez l’une de ses meilleures chansons en carrière.

 

Parce qu’à deux, c’est mieux

L’album contient deux duos, un exercice qui souvent s’avère ringard, mais qui, dans le cas présent, fonctionne très bien. Premièrement, It Doesn’t Hurt Right Now avec le chanteur country Rodney Crowell, est une superbe ballade où les voix de Jewel et de Crowell se superposent joliment. Ensuite il y a My Father’s Daughter, le premier extrait pour la radio tiré de l’album, qui met en vedette la légendaire Dolly Parton. Un texte touchant et de belles harmonies vocales font de cette rencontre de deux légendes un moment fascinant. La voix de Parton a vieilli, mais n’a rien perdu de son charme.

Ce nouvel album est de toute évidence un exutoire pour Jewel, qui lui permet d’exprimer ses émotions à fleur de peau suite à son récent divorce. Et le choix des pièces qui ont été écrites dans les années 90 est judicieux, car elles semblent avoir été écrites spécialement pour ce disque et ces circonstances, et elles se mélangent parfaitement aux compositions récentes.

Le disque ne contient pas de chanson très commerciale, mais c’est exactement ce que la chanteuse a voulu faire avec cet album : s’éloigner des formules toutes faites d’avance. Depuis une dizaine d’années, chaque nouvelle œuvre par Jewel est publicisée comme étant un « retour aux sources » et à la formule de son premier opus. Et bien que Picking Up The Pieces soit loin d’être une reprise de Pieces of You, c’est celui dont l’esprit et la confection s’en rapprochent le plus.

C’est également l’album le plus mature de Jewel, le plus intime, celui sur lequel elle laisse tomber toutes les barrières et se montre plus vulnérable que jamais.

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