Michael Kaeshammer
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Critique album | Michael Kaeshammer – With You In Mind

Michael Kaeshammer - With You In Mind Michael Kaeshammer With You In Mind

Le crooner canadien de 36 ans, Michael Kaeshammer, revient avec un 8e album studio intitulé With You In Mind. Sur ce très court disque (32 minutes bien tassées), le pianiste-chanteur rend hommage à l’une de ses idoles, le légendaire Allen Toussaint, en reprenant neuf de ses compositions. Ça donne un album sympathique qui n’est pas piqué des vers du tout.

Michael Kaeshammer a prouvé maintes fois sur ses albums antérieurs qu’il a tout pour lui – il chante, il joue du piano de façon admirable, et il compose. De plus, l’homme est une bête de scène. Le voir en format trio avec ses complices Marc Rogers (basses) et Mark Mclean (batterie) en spectacle est un réel plaisir, tant la complicité entre les musiciens est palpable.

Et c’est ce qui fait le succès de ce disque, où Kaeshammer et sa bande – augmentée de sections de cuivres et de cordes, s’en donne à cœur joie sur des pièces qui ont passé le test du temps et que Kaeshammer aime depuis toujours.

Fidèle à l’esprit de Toussaint, Kaeshammer ne dénature en rien les chansons, bien qu’il leur donne une touche personnelle. Par contre, si Toussaint possède un grain de voix particulier qui change d’une pièce à l’autre, la voix de Kaeshammer est plutôt monotone et son étendue est limitée.

C’est d’ailleurs lorsqu’il laisse ses doigts parler et ses musiciens s’exprimer que le disque devient vraiment intéressant. Shoo-Ra est particulièrement jouissive, constituée de nombreux solos de cuivres plus amusants les uns que les autres sur un rythme effréné. Dommage qu’il n’ait pas suivi ce filon instrumental davantage sur le reste du disque.

Last Train est également réussie, son rythme funky invitant aux déhanchements, ainsi que ses chœurs joyeux et un solo de guitare très satisfaisant.

Kaeshammer crée un arrangement pour l’instrumentale Whirlaway qui sied bien à son groupe et permet surtout à Mclean de se laisser aller derrière sa batterie.

Par contre, sur la chanson soul Ruler of My Heart, popularisée par Irma Thomas, Kaeshammer n’a pas l’intensité requise dans la voix pour transmettre adéquatement les émotions. Comme on dit en anglais, ça prend du « grit », ce qui manque au jeune crooner. Le Dirty Dozen Brass Band en a déjà fait également une version, bien meilleure, avec Norah Jones au chant.

La délicate et jolie instrumentale Happiness, toute jouée au piano, précède la joyeuse et groovy  A Certain Girl, qui met en vedette le groupe au complet et conclut le disque dans la bonne humeur.

Malgré le chant un peu terne, cet album nous fait passer un bon moment et avec sa si courte durée, c’est vite passé. Idéal pour une ballade en voiture (nous l’avons testé), ou tout simplement pour se sentir le cœur léger.

* À voir à Montréal le vendredi 5 juillet au Théâtre Maisonneuve, en première partie d’Émilie-Claire Barlow dans le cadre du Festival de Jazz de Montréal, puis le vendredi 1er novembre à l’Astral à l’occasion de la série Jazz à l’année du FIJM.

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