Critique album | Sébastien Tellier – Confection

Critique album | Sébastien Tellier – Confection

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Joshua Lessard

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Sébastien Tellier - ConfectionSébastien TellierConfection

Critique Pas même un an après son délire prophétique (très réussi) My God Is Blue, Sébastien Tellier récidive avec une œuvre complètement différente nommée Confection. Sorte de bande originale d’un film qui n’existe pas, l’album, instrumental à l’exception d’un titre, si plein de bonnes mélodies soit-il, est très répétitif.

Évidemment, un album instrumental devient plus facilement répétitif que d’autres, mais ici c’est plus que ça. Sur Confection, Tellier répète volontairement. Ce qui fait qu’une seule chanson peut être reprise intégralement, plus loin dans l’écoute, avec seulement de différents arrangements.

Donc au final, sur les 14 pièces, il n’y en a réellement que 9. Les autres ne sont que des versions alternatives de celles-ci.

L’exercice est intéressant, mais en toute franchise, on se tanne.

Surtout que l’entièreté de l’album est plutôt langoureuse et sobre, ce qui déplaira peut-être à ceux qui avaient accroché aux pièces grandiloquentes genre celles produites avec  Guy-Manuel De Homem-Christo, de Daft Punk, pour My God Is Blue.

C’est dommage, parce que l’angle instrumental, à la frontière du classique et d’un son plus 70’s, sied bien à Tellier. Adieu, l’ouverture du disque, le prouve bien. Mais ce n’est que lorsque la voix du chanteur réapparaît sur L’Amour Naissant que l’on se rappelle qu’au fond, c’est encore meilleur avec un vocal. Et on peut l’affirmer en connaissance de cause, L’Amour Naissant nous étant livré en trois versions, dont deux purement instrumentales.

Mais Dieu que si l’album avait été plein de morceaux aussi délectables que L’Amour Naissant (version avec voix, là), ç’aurait été incroyable.

Ce qui est aussi dommage, c’est que la plupart des pièces sont vraiment bonnes (sauf Waltz, qui est à la limite du gossant) et pourraient effectivement accompagner à merveille une production vidéo, mais que sur disque, le fait qu’elles se répètent sans cesse donne l’impression qu’il n’y avait pas de quoi faire un album complet.

Ceci étant dit, connaissant la tendance à l’excès de l’artiste, il est loin d’être impossible qu’un film quelconque vienne bientôt accompagner Confection et que l’œuvre prenne enfin tout son sens.


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