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Critique album | Whitehorse – Leave No Bridge Unburned

Whitehorse - Leave No Bridge Unburned Whitehorse Leave No Bridge Unburned

Le duo rock canadien Whitehorse est de retour avec son troisième véritable album, intitulé Leave No Bridge Unburned. Le couple formé de Melissa McClelland et Luke Doucet propose un son plus charnu, définitivement plus dynamique que le folk rock à saveur country auquel il nous a habitués jusqu’ici, tout en demeurant fidèles à eux-mêmes et à leur son unique.

Un an à peine après avoir lancé un EP où ils reprenaient quelques-uns de leurs propres titres en français, les deux membres de Whitehorse reviennent avec un disque d’une grande solidité, susceptible de leur ouvrir toutes les portes (du moins, celles qui leur reste à ouvrir).

Réalisé par Gus Van Go (Vulgaire Machins, Les Trois Accords, The Stills), Leave No Bridge Unturned offre une expérience auditive beaucoup plus enveloppante et excitante que ses prédécesseurs. Tout en retenant ce qui fait le charme de Whitehorse – notamment la guitare de Luke Doucet, et le mariage des deux voix –, on nous propose ici d’entrer dans une atmosphère quasi cinématographique, d’une autre époque. Pensez à Ennio Morricone, à Django, à tous les westerns spaghetti. Si les albums précédents étaient plus intimistes, celui-ci voit beaucoup plus large et prend des proportions « cinématoscopiques ».

Et c’est fichtrement énergique! Là où le groupe faisait davantage appel à des loops par le passé, nous avons maintenant droit à un vrai groupe de musiciens et donc à un album plus abouti. La délicieuse Downtown, qui peint un portrait plutôt négatif de la grande ville, est colorée par la guitare électrique endiablée de Luke Doucet. Le musicien a été comparé au fil des ans à Mark Knopfler, Neil Young et plusieurs autres, et c’est tout à fait mérité. Son instrument est omniprésent dans les chansons de Whitehorse, on peut même dire qu’il en est le cœur.

Mais le travail de Melissa McClelland est tout aussi important et s’illustre très bien sur la jolie Evangelina, où la guitare électrique côtoie l’acoustique, où les voix s’entrecroisent et l’émotion est palpable.

Plusieurs chansons ont un grand potentiel radiophonique – Baby What’s Wrong?, Sweet Disaster, You Get Older, tandis que d’autres ont la capacité d’émouvoir énormément (Dear Irony, notamment).

L’album au complet est d’une grande beauté et se découvre avec plaisir. On a l’impression à son écoute de se promener sur les routes du sud des États-Unis ou de faire partie d’un vieux western mettant en vedette Clint Eastwood. Il y a un peu de Scarlett Jane et de Calexico là-dedans, ainsi que des influences de The Band et Blue Rodeo.

Surtout, il y a du Melissa McClelland et du Luke Doucet dans chaque note de Whitehorse, et avec ce disque, le duo s’affirme plus que jamais comme une formation qu’il est maintenant impossible d’ignorer et qui est promise à de grandes choses.

* En spectacle ce soir (samedi 21 février) à l’Astral dans le cadre de Montréal en lumière, ainsi que le 14 mai au Centre National des Arts, à Ottawa.

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