Critique CD: Duffy – Endlessly

Critique CD: Duffy – Endlessly

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Critique

Duffy
Endlessly
Cote de M-A Mongrain:
Cote de J-F Tremblay:


Critique de Marc-André Mongrain

Elle est de retour, cettes fameuse jolie blonde à la voix si singulière qui nous avait offert la bombe Mercy en 2008. Duffy revient à  la charge avec un deuxième disque concis et inégal, mais qui contient tout de même sa part de moments réussis.

Pour sortir des pastiches

Sur son premier disque, Rockferry, Duffy exploitait avec doigté la carte rétro: avec sa voix haute perchée et son vibrato « vieil école » déposés sur une magnifique musique soul inspirée et bien dosée, la chanteuse frappait dans le mille.

Mais pour la suite des choses, Duffy est un peu prise entre l’arbre et l’écorce: d’un côté, on lui reprocherait de s’en tenir à des pastiches rétro sans innover, et de l’autre, ses tentatives de verser dans la pop disco à la Kylie Minogue (Girl, Keeping My Baby ou Lovestruck qui rappelle davantage Britney Spears) ne produisent rien qui vaille. Sa personnalité unique semble alors se perdre…

Pourtant, l’excellente Well Well Well démontre bien que la meilleure avenue serait sans doute une déviation vers le funk plutôt que la musique de danceclub. Il faut dire qu’avec The Roots à bord (ce qui est le cas sur Well Well Well), on peut difficilement se tromper.


Points forts: les ballades

À part ce premier extrait, les meilleurs moments sont encore les séduisantes balades sixties comme Hard For the Heart qui semble tout droit sortie d’un film de Tarantino, la mignone Don’t Forsake Me et la jazzy Endlessly.

Les entraînantes Girl et My Boy touchent également la cible, mais n’ont pas la force qu’on semble avoir voulu leur insuffler. En fait, aucun titre ne risque d’avoir le même impact que Mercy, ce qui risque de laisser Endlessly dans une relative obscurité.

Avec un tel mélange d’emprunts stylistiques à l’intérieur d’une courte demi-heure d’écoute, Endlessly n’est certainement pas une réussite dans l’ensemble, mais les qualités de Duffy ne se sont pas estompées pour autant.

Il suffirait de trouver la meilleure façon de mettre cette saveur rétro au goût du jour et d’utiliser cette voix si spéciale à bon escient.


Critique de Jean-François Tremblay

La chanteuse galloise Duffy est de retour avec un deuxième disque intitulé Endlessly.

En 2008, elle nous avait offert Rockferry, qui s’est positionné #1 au palmarès des ventes d’albums en Grande-Bretagne de la même année.

Endlessly a été produit par Albert Hammond, une légende de la chanson pop, qui œuvre en tant qu’auteur/compositeur/interprète/producteur depuis cinq décennies.

C’est l’épouse de Hammond qui, après avoir entendu la voix de Duffy, a poussé son mari à la contacter et à travailler avec elle. Le vétéran est immédiatement tombé sous le charme.

Toutes les titres de l’album (sauf un) ont été écrits par Duffy et Albert Hammond.

Comme sur le premier disque, il s’agit de pièces pop-soul romantiques à saveur rétro. Duffy, de sa voix particulière, nous invite dans un monde musical où tout s’inspire des années 1960, en gardant une touche moderne.

Sur le premier single, Well, Well, Well, la jeune femme est accompagnée par le groupe The Roots, qui donne à la section rythmique un punch très apprécié.

Cependant, bien que la chanson soit entraînante, les paroles sont d’une simplicité désolante, et la voix de Duffy risque de provoquer chez certaines personnes des grincements de dents.

Cette voix qui tranche

C’est un peu le problème avec toutes les chansons; la voix est l’élément qui fait pencher la balance sur l’impression que laisse l’album.

Bien que les mélodies  soient très agréables (de belles pièces dans l’esprit des classiques Motown ou de Burt Bacharach), la voix de la chanteuse est un goût qui s’acquiert à la longue, du moins pour une partie du public. Certains trouveront cependant sa voix insupportable, à la fois rocailleuse et nasillarde.

Pour quelques titres, tels Too Hurt to Dance ou Don’t Forsake Me, une voix plus douce aurait peut-être été plus appropriée. Ceci dit, c’est aussi cette voix à vif qui donne du caractère à l’interprète, ainsi que sa singularité.

Il est donc difficile de se faire une opinion. D’un côté, on aime les compositions, malgré leur simplicité. D’un autre côté, la voix agace, mais c’est aussi pour cette voix que Duffy est reconnue.

En résumé, Endlessly est un album sans prétention, à la fois amusant et romantique, qui vous plaira ou vous tapera sur le système, selon votre appréciation de la voix unique de Duffy.

Une chose est certaine : la jeune femme s’est trouvée une niche dans ce genre musical qui a inspiré des générations d’artistes, et elle n’a sûrement pas fini de l’exploiter. Ce qui est tout à son honneur.


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