Hole

Critique CD Hole – Nobody’s Daughter – Une ixième tentative ratée

Courtney Love effectue un ixième retour en selle et, rien de nouveau sous le soleil, n’offre rien de particulièrement pertinent.

En l’absence du guitariste et membre clé Eric Erlandson et de la bassiste montréalaise Melissa Auf der Maur, l’utilisation du nom Hole ne devrait confondre personne. Il s’agit bien plus d’un album solo de Courtney Love, voire d’une suite à son précédent America’s Sweetheart, que d’un quatrième album de Hole, 12 ans après Celebrity Skin.

Quelques rares titres (How Dirty Girls Get Clean, l’accidentellement comique Skinny Little Bitch et Loser Dust notamment) évoquent vaguement l’esprit bouillant, la rage intérieure extériorisée des belles années, mais le reste de l’album souffre d’une banalité assez étonnante pour un personnage aussi exubérant que Love.

La production fade met beaucoup trop d’emphase sur les textes souvent boiteux – la pathétique ballade Letter to God en est un exemple probant – et la voix ravagée de Courtney Love qui parvient rarement à canaliser un sentiment qui ne semble pas forcé.

Les guitares n’ont plus le mordant qu’il faut pour exorciser les démons de la brebis galeuse du «grunge», et les compositions manquent cruellement de punch.


Collaborations farfelues

À défaut de réunir un groupe pouvant légitimement porter le nom de la formation marquante des années 1990, Courtney Love s’est entourée de quelques collaborateurs pour le moins inattendus.

Linda Perry (du groupe également très étiquetté «années 1990» 4 Non Blondes) et Billy Corban (tiens, tiens, un autre qui réutilisait le nom de son groupe sans que les membres originaux soient de la partie, en l’occurrence The Smashing Pumpkins) ont co-écrit quelques titres, alors que Martha Wainwright prête apparemment sa voix à la chanson titre. Cherchez-la bien toutefois, parce que son caméo passe complètement inaperçu.

Ni ceux-ci ni les nouveaux musiciens de la troupe (le jeune guitariste Micko Larkin, le bassiste Shawn Dailey et le batteur Stu Fisher) n’arrivent à insuffler de nouveaux éléments pertinents ni à sortir Love de sa zone de confort.

Comble de malheur, l’album se termine sur l’une des pires chansons en carrière pour Courtney Love : la répétitive et farouchement fausse Never Go Hungry. Un désastre qui laisse un arrière-goût amer d’un album qui contenait déjà trop peu de moments marquants pour valoir la peine.

Moments forts:
Loser Dust, Skinny Little Bitch, How Dirty Girls Get Clean

Moments moins forts:
Never Go Hungry, Letter to God, For Once In Your Life

Dans le même genre, on vous recommande plutôt:
Melissa Auf der Maur – Out of Our Minds

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