Patrick Watson
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Critique CD: Patrick Watson – Wooden Arms


Patrick Watson
Wooden Arms

Avec Close To Paradise – deuxième album du groupe, vendu à plus de 100 000 copies et récipiendaire du prix Polaris en 2007 – la formation Patrick Watson s’était montée une légion d’ardents nouveaux fans à la recherche d’une musique pop aventureuse, sortant des sentiers battus.

Ceux-ci ne seront certainement pas déçus de ce troisième opus, qui se veut moins aérien mais tout aussi onirique et ambitieux que son prédécesseur.

Road trip surréaliste

À travers les textes souvent présentés sous forme d’histoires surréalistes, l’auditeur entreprend un voyage où le folk, les valses, les bruitages déjantés, les envolées progressives (tout de même moins nombreuses que sur Close To Paradise) et l’hypersensibilité presque autistique des quatre compères se voisinent et s’entremêlent.

La voix de Patrick Watson (chanteur du groupe portant son nom), qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Jeff Buckley, nous envoûte toujours autant.

Son piano n’est toutefois plus aussi central, laissant davantage d’espace aux guitares, aux banjos et aux arrangements de cordes.

Folles percussions

Ce qui se démarque peut-être le plus dans ce nouvel opus, c’est l’utilisation judicieuse de diverses formes de percussions. Sous la main de Robbie Kuster, une roue de bicyclette, des bouteilles, des tiroirs et des pots de cuisine battent autant la cadence qu’une batterie conventionnelle, ce qui rend l’environnement sonore pour le moins particulier.

On s’imagine parfois dans l’univers «junkyard» d’un Tom Waits ou au beau milieu de la douce folie d’un épisode de Bugs Bunny.

La bande ne pêche toutefois pas par excès et garde un sain équilibre dans ses élans de folie.

En ce sens, les bidules percussifs et autres machins inusités ne volent pas la vedette aux superbes compositions, ce qui permet à des chansons comme Beijing d’éblouir et d’engourdir l’esprit tout étant bonifiée d’une séquence percussive endiablée.

La pièce titre, une magnifique valse gitane avec Lhasa, compte également parmi les plus belles trouvailles de ce nouveau disque. Toute en douceur, elle glisse dans l’oreille comme une berceuse maternelle.

Ce qui étonne, c’est que tous ces titres prennent encore plus de valeur une fois rassemblés. Et encore davantage après chaque écoute. Tous les ingrédients d’un classique, en somme.

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