Charlotte Gainsbourg
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Critique concert: Charlotte Gainsbourg se fait timide et charmante

Vendredi 23 avril 2010 – L’Olympia (Montréal)

Admettons-le d’emblée : Charlotte Gainsbourg n’est pas une bête de scène.

Or, son allure statique et ses tics nerveux témoignent davantage d’une forme d’humilité face à cette imposante facette du métier de chanteuse qui l’a longtemps terrorisée (le «live») que d’un malaise ou d’une nonchalance.

Bien au courant de cette gêne visible et franche, on aurait dit que la foule montréalaise réunie avec enthousiasme à l’Olympia redoublait d’ardeur pour exprimer à la chanteuse à temps partiel (et actrice de renom) toute l’affection qu’elle lui voue.

Cette énergie a donné lieu à une soirée pour le moins spéciale, que Charlotte Gainsbourg a semblé apprécier autant que ses fans montréalais. La fille de Gainsbarre et de Jane Birkin a su profiter de ce soutien retentissant pour livrer une prestation d’une honnêteté et d’une fragilité désarmantes, et parfois même d’une beauté à couper le souffle.

D’une certaine façon, on pourrait même dire que sa présence timide sur scène ajoutait à l’expérience, qu’elle s’agençait à merveille avec son filet de voix feutrée.

De bons musiciens, de bonnes chansons

Il faut dire que Charlotte Gainsbourg bénéficie de deux ressources clés pour s’en tirer à merveille.

D’abord, la Française est épaulée par une troupe de 5 musiciens hors pairs qui tient bien le rythme et dessine de jolis portraits musicaux à l’aide d’une instrumentation diverse : batterie, basse, guitares et claviers côtoient xylophone, melodica, violon et un jeu de percussion bien fignolé (particulièrement lors de la chanson titre I.R.M.).

Puis, il y a évidemment la qualité du répertoire auquel elle a accès. Il y a le contenu de ses deux disques – des chansons écrites juste pour elle, par des mains de maîtres comme Beck, Jarvis Cocker et AIR – sans compter une vibrante reprise de «Just Like A Woman» de Bob Dylan, et le tiroir à chansons de papa Serge dans lequel elle pige notamment L’hotel particulier et la ludique Couleur café en rappel.

Et finalement, il y a la très jolie reprise du Chat du Café des artistes de Jean-Pierre Ferland, le clou de la soirée gardé pour le rappel. Fort différente de la version endisquée sur I.R.M., la mouture live de Charlotte Gainsbourg prend des airs de comptines techno avant de se terminer dans un nuage sonique.

Au final, Charlotte Gainsbourg apprivoise lentement le monde du spectacle et semble y prendre goût. Le plaisir est réciproque pour le public qui est prêt à faire preuve d’indulgence tant qu’il ait droit à une livraison aussi honnête et d’aussi bonnes chansons.

Moments forts:
Le Chat du Café des artistes, Just Like a Woman, Trick Pony, I.R.M., L’Hôtel Particulier

Moments moins forts:
Heaven Can Wait (version un peu fade), Couleur Café (pas la plus appropriée pour Charlotte parmi les chansons de papa!)

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