Couscous Comedy Show
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Critique: Couscous Comedy Show au Métropolis pour Juste Pour Rire

Vendredi 20 juillet 2012 – Métropolis (Montréal)

 

Pour fêter ses trois ans d’existence, Uncle Fofi et son Couscous Social Club se sont offerts le Métropolis pour une seule et unique représentation dans le cadre du Festival Juste pour rire. Il était prévu qu’il y ait cinq invités. À la place, ce fut une déferlante d’apparitions en tout genre. 

Uncle Fofi, Maghrébin d’origine, élevé en France et immigrant au Québec pose les bases du Couscous Comedy Show en dictant les instructions : entre « wesh ma gueule, bien ou bien » et la classification des différents rires (ouzbek, black, français, québécois, russe et arabo-berbère), le décor est planté, le spectacle sera interculturel. Il ajoute dans la foulée « on n’est pas organisé ! », ce qui a pour effet de détendre le monde. Le couscous est au fond de la salle, la bière circule au bar et l’organisation est de dernière minute, let’s get started.

Le spectacle s’est déroulé en trois parties avec un échauffement musical pour commencer, avec Karim Medfai, alias « la voix de miel du Couscous Comedy Show » selon Uncle Fofi et Gadjolino avec son jazz manouche. Ils laissent ensuite place au mini concours des humoristes du CCS avec les jeunes recrues telles que Dominique Bottex, Michel Kunta et Willy. Dernière partie, noyau dur du spectacle, avec les sketchs des cinq humoristes – qui n’étaient pas forcément ceux qui étaient prévus au départ – avec Neev, Mehdi Bousaidan, Reda Saoui, Adib Alkhalidey et François Bellefeuille.

Ainsi, plusieurs styles d’humour s’entrecroisent avec des prestations bien calibrées comme celles de Neev, Mehdi Boussaidan et Reda Saoui, tandis que d’autres pètent littéralement leur coche sur scène comme François Bellefeuille, et plus particulièrement Adib Alkhalidey. D’une manière ou d’une autre, ils ont su envoyer des punchlines drôles et cinglantes qui ont vite conquis le public.

C’est cinq artistes ont réellement su, à leur manière, faire rire en permanence le public. Mention spéciale à Adib Alkhalidey, étoile montante de l’humour québécois, qui comme à son habitude, a débordé de tous les côtés. Sorte de schizophrène de l’humour, cannibale qui aurait avalé plusieurs humoristes à la fois, Adib Alkhalidey arrive avec seulement deux anecdotes à construire tout un univers déjanté. Cet homme cri dans tous les sens, ne s’arrête pas pour respirer et se tortille partout. C’est ça qui est intéressant dans son humour, il ne prend pas de pause pour laisser les gens rirent. Rien n’a l’air programmé ou calculé, il sort tout one shot et le public suit sans accroche.

Autre mention spéciale au maître de bord, au guru, à celui qui a donné vie à cette famille d’humoriste : Uncle Fofi, évidemment. Il s’occupait des interludes entre chaque prestation et à lui aussi débordé de tous les côtés. Entre l’hommage qu’il a fait à sa culture pour le premier jour du ramadan, l’interlude musicale, le sketch de la demi-barbe ou le Couscous News, Uncle Fofi ne s’est pas s’arrêter.

En quelques mots, le spectacle était une réussite malgré le format un peu trop long. Trois heures trente sur une chaise, ça peut tanner. Mais comme dirait Uncle Fofi « le Métropolis c’est cher, donc on profite à fond de l’équipement ! ». Il sera possible de les retrouver le 3 août au Cabaret du Mile-End pour la dernière de la saison. C’est d’ailleurs un meilleur environnement, plus feutré, plus intime, que le Métropolis, pour apprécier ce genre de spectacle.

Photos en vrac
(par Pierre Bourgault)

  

 

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