Diana Krall
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Critique | Diana Krall à la Place des Arts

Dans le cadre de la série Jazz à l’année du Festival de Jazz de Montréal, la chanteuse et pianiste Diana Krall présentait mardi, pour un deuxième soir à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, son plus récent spectacle Wallflower.

C’est en compagnie d’un orchestre d’une trentaine de têtes en plus de ses cinq musiciens principaux que la chouchou du jazz s’est présenté sur scène pour un spectacle sans entracte de plus de 90 minutes.

Avant même de s’adresser au public, elle entame We Just Couldn’t Say Goodbye avec rythme et assurance, suivie de Sweet Man. Le spectacle s’annonce prometteur et s’ajoute à l’auditif, un visuel d’images et d’animations graphiques distinctes pour chaque chansons.

Le plaisir de jouer se fait sentir de tous les musiciens. Ce spectacle de reprises de morceaux bien connus ou oubliés offre un son plus pop que le jazz habituel de Krall. On peut même y déceler des touches de rock et de blues à l’occasion grâce à l’agilité de ses musiciens principaux: Anthony Wilson (guitare), Karriem Riggins (batterie), Dennis Crouch (Basse), Stuart Duncan (violon, voix, etc) et Patrick Warren (claviers). La tête d’affiche, groovant avec son big band sur Let’s Fall in Love en a même oublié de chanter. Tout en reconnaissant son oubli, c’est en riant qu’elle a repris où elle avait laissé sans perturber le bonheur des spectateurs.

Alternant les chansons rythmées et les ballades, elle passe d’une atmosphère à l’autre et sait surprendre par ses choix musicaux et son habileté à créer une émotion à chaque note. Les arrangements orchestraux de son chef Chris Walden ne laissent personne indifférent et la pièce Love Letters est livrée de façon magnifique. La précision des artistes et la qualité de la technique offre un son à s’y méprendre avec la perfection de la version en studio.

S’ensuit la groovy-rock Temptation qui met toute la lumière sur ses collaborateurs alors que le public a droit à des solos étonnants de chacun de ses musiciens. Il faut dire que Diana Krall est d’abord une grande pianiste qui s’avère chanter à merveille.

Enchaînant près de 20 chansons choisies avec soin, le spectacle passe à une vitesse surprenante et le temps du rappel déçoit l’amateur qui en voudrait davantage. C’est avant de nous laisser avec Take it With Me et I’ll String Along With You que la chanteuse de renommée internationale prend un long moment pour rappeler son plaisir à revenir à la maison et son amour de Montréal. Les remerciements et l’affection sont mutuels.

Pour son 12e album studio, la canadienne a créé un spectacle à grand déploiement pour les salles avec une quarantaine de musiciens. La soirée s’est avéré être à la hauteur des attentes du public venu entendre Krall, malgré l’absence de classiques de son propre répertoire. Après un bref retour au bercail, elle poursuit sa longue tournée aux États-Unis et en Europe.

Grille de chansons

We Just Couldn’t Say Goodbye
Sweet Man
Do It Again
So Nice
Let’s Fall In Love
Love Letters
Temptation
Sunny Side Of The Street
Solo Section
Case Of You
California Dreamin
Operator
If I Take You Home Tonight
Don’t Dream It’s Over
Just You, Just Me
Wallflower
A Little Mixed Up

Rappel

Take It With Me
I’ll String Along With You

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