Drake
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Critique | Drake au Centre Bell de Montréal

Drake s’est envolé dans les airs et a presque touché la passerelle de Pierre Houde hier soir au Centre Bell, dans le cadre de sa tournée Would You Like A Tour ?, avec Miguel, Future et PartyNextDoor. Récit d’une soirée sensuelle et mouvementée.

En arrivant au Centre Bell, c’est la cohue. Il est 20 heures, les premières parties sont déjà amorcées, et de grandes énervées dépassent tout le monde par la droite. « I just need 4 tickets!! SHUT UP !!! », clame la plus rock’n’roll d’entre elles.

Arrivé sur place, c’est l’illustre Miguel qui commence. Les attentes sont hautes… puisque lors d’une de ses dernières performances, il a sûrement cassé le dos à une fille en lui sautant dessus.

Des cris stridents surgissent alors. Ce ne sont pas des dames estropiées que l’on entend gémir, mais bien des dames très excitées. Avec son coat de cuir déglingué sur le torse et ses retailles de coat en jeans qui pendouillent autour du bassin, il est d’une beauté succulente. Après une The Thrill bien sentie en ouverture, il offre une chanson d’amour. Aucunement inspiré pendant le solo de guitare, il boit de l’eau, dos à la foule, juste avant de s‘agenouiller pour en cracher dans les airs comme un dauphin gracieux.

 

Miguel en chest

Pendant Use Me, il enlève son chandail pour montrer son chest. Un constat s’impose : les gars debout se font plutôt rares dans la foule, mis à part un hipster à lunettes qui porte un polar. Le tout ne s’améliore pas avec la pénible Pussy Is Mine, puisque M. Polar décide de s’asseoir…

Après une How Many Drinks pleine de grosse basse géniale, Miguel demande avec tact à la foule : « Does Montréal like drugs ? ». La réponse semble positive. Puis, la fin s’enchaîne à un rythme effréné : moment kitsch, rappel de chest, discours rassembleur sur l’importance de suivre ses rêves, Adorn en pièce de résistance, moves de danse et hop! Merci, bonsoir, « Drake is coming ! ».

À l’entracte, les toilettes vivent la frénésie du YOLO. Un gars se pète la tête sur le comptoir en se lavant les mains.

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Drake le sphinx

À 21:53, le rideau s’ouvre. Deux immenses structures ovales se font face à l’horizontal. Au centre droit se trouve un superbe escalier style piscine hors terre. Et c’est par là que l’inventeur du hip-hop canadien arrive, orné de son linge large et de ses bas blancs.

Photo par Pierre Bourgault.

Photo par Pierre Bourgault.

Après une courte Tuscan Leather et un élégant « WASSUP!!! » en guise d’introduction, il entonne Headlines. La foule ne se contient plus, et un génie dans la foule se met à danser en faisant semblant d’empiler du cash.

Drake profite de son passage en Nouvelle-France pour tester son français. « Je souis tellement countent d’ewtre ici ce swar », dit-il avec fierté. S’ensuivent Furthest Thing et Wu-Tang Forever. Drake gît au milieu de la scène, seul et fier comme un sphinx. On se sent comme s’il donnait un show intime dans notre immense solarium un soir de pleine lune.

L’ambiance tourne rapidement au party débauché avec des beats très thugs style « Versace » et la présence de Future. Puis, on retourne au R&B féminin alors que la chanteuse californienne Jhené Aiko en robe soyeuse monte sur scène pour les touchantes Come Thru et From Time. Voilà trop d’émotions pour Drake, qui quitte la scène le temps d’aller se ressourcer en loge.

 

Danse lascive + envol spectaculaire

Son retour s’annonce frappant : de la grosse fumée blanche sort du plancher, et il en ressort pour interpréter la lascive Hold On, We’re Going Home, l’un des morceaux les plus lustrés de son dernier album.

Photo par Pierre Bourgault.

Photo par Pierre Bourgault.

Sans crier gare, il retourne dans le côté sombre de ses beats de rue avec Connect, Too Much et Pound Cake pour le plus grand plaisir du génie qui recommence à empiler de l’argent imaginaire.

Le clou du spectacle se fait alors sentir. Une encore plus grosse structure ovale descend mécaniquement du plafond. Rapidement, on comprend que Drake va monter dessus pour s’envoler 2 the top comme une bernache. C’est ce qu’il fait. « Excuse my french, but you look so beautiful tonight », confie-t-il, avant de complimenter des spectateurs au hasard en les pointant du haut de son trône volant. D’une gentillesse exaltante.

Après cette grosse dose d’amour de bas en haut, jusqu’à la passerelle de Pierre Houde, la fin s’enchaîne à un rythme effréné : éclairages frénétiques, HYFR, refrains chantés pour les dames, Started From The Bottom avec des feux d’artifices et de la pyrotechnie et hop! Merci, bonsoir, le Canadien joue demain soir à 19h30 contre Edmonton.

 

Photos en vrac
par Pierre Bourgault

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Grille de chansons

1.Tuscan Leather (part 1)
2. Headlines
3. Crew Love
4. Tuscan Leather (Part 3)
5. Furthest Thing
6. Wu Tang Forever
7. Own It
8. Pop That
9. No New Friends
10. Fucking Problems
11. The Motto
12. Versace
13. Future Set (Bitches, Honest & Same Damn Time)
14. The Motion
15. Come Thru
16. From Time
17. Hold On We’re Going Home
18. Connect
19. Too Much
20. Pound Cake
21. Worst Behavior
22. The Language
23. 305 To My City
24. No Lie
25. I’m On One
26. HYFR
27. All Me
28. Started From The Bottom

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