Les Denis Drolet
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Critique humour: Les Denis Drolet présentent « Comme du monde » à Montréal

Après 12 ans de carrière, Les Denis Drolet se passent de présentation. Pour son troisième spectacle, intitulé Comme du monde, le duo d’énergumènes invite son public à s’aventurer un pas plus loin dans son univers déjanté, qui est étrangement mieux défini que jamais.

Photo par Martin Charbonneau

Même s’ils ont perdu du poids et revêtent désormais des habits plus propres – question de faire les choses comme du monde, on l’aura compris – Les Denis Drolet n’ont pas tant changé.

Vincent Léonard et Sébastien Dubé tiennent toujours les rôles du Denis imberbe paquet de nerfs aux grandes palettes et du Denis barbu, irritable et imprévisible, au langage cru et coloré.

Leur personnage accessoire, le « danseur » moustachu Just-to Buy-My-Love, fait encore des apparitions éclair, toutes plus aléatoires les unes que les autres. Et surtout, les Denis Drolet évoluent toujours dans cet univers qui leur est propre: un mélange de surréalisme comique et de bouffonneries enfantines, où le coq-à-l’âne tient lieu de conversation on ne peut plus normale.

 

Approfondir le monde des Denis

C’est là où Les Denis Drolets prennent du galon: les deux complices approfondissent leurs personnages et leur imaginaire, et donnent lieu à un spectacle des plus invitants.

Les deux comiques explorent notamment la biographie de Just-to Buy-My-Love, se questionnent au sujet de leur père, se pratiquent à garder des enfants. Même le décor nous plonge dans le salon des Denis, avec son foyer, son ensemble divan/fauteuil et sa lampe de cuisine. Pour la première fois, on a presque l’impression qu’il se crée une intimité avec ces drôles de personnages attachants.

Photo par Martin Charbonneau

Le sketch final est un petit coup de génie: après un numéro où le Denis barbu est allé trop loin (un sketch de crèche qui dérape), le trio (Just-To inclus) se sépare. On assiste ensuite aux retrouvailles des Denis séparés, maintenant casés chacun de leur côté. Le ton est neutre, posé, chacun faisant état de sa nouvelle vie: l’un installé en maison à Terrebonne, l’autre, commis de magasin et humoriste solo raté.

D’un réalisme volontairement ennuyeux, le sketch ne suscite pratiquement aucun rire, ce qui porte à réfléchir, à réaliser à quel point le cabotinage des deux personnages bruns est infiniment plus divertissant que l’humour terre-à-terre préconisé par tant d’autres humoristes.

Tout cela ne pourrait fonctionner sans la dynamique à toute épreuve entre les deux artistes. Léonard et Dubé s’avèrent même de fort bons comédiens et maîtrisent mieux que jamais le rythme de leur mécanique comique. La mise en scène de Pierre-François Legendre (Les Invicibles) contribue d’ailleurs à bonifier le jeu des deux humoristes.

Il serait étonnant que Les Denis Drolet s’attirent de nouveaux adeptes, leurs caractéristiques principales étant encore intactes. Leur style tranche et tranchera toujours. Mais pour consolider leur vaste base de fans invétérés et rallier les fans d’hier qui sont passés à autre chose, Comme du monde sera assurément une réussite.

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